Les bombardements ne cessent d'affluer jeudi sur les capitales du Moyen-Orient, de Jérusalem à Téhéran, en passant par Beyrouth et les mégalopoles du Golfe, dans un conflit qui ne montre aucun signe de désescalade et soulève des inquiétudes à l'échelle mondiale.
Au sixième jour de l'assaut américano-israélien contre l'Iran, des explosions puissantes ont été rapportées par des journalistes de l'AFP dans la capitale iranienne, tandis que le bruit des avions de guerre résonnait dans le ciel.
Les résidents de l'est de Téhéran s’activent pour nettoyer les débris des frappes précédentes, comme l’a montré une couverture d'AFPTV.
"Nous sommes en train d'écrire un chapitre très important de notre histoire et je n’ai pas peur", a déclaré un Iranien de 30 ans, portant un message d'espoir, tout en restant anonyme.
Des explosions ont également été entendues à Doha, où une colonne de fumée s'est élevée suite à des débris de drone ayant blessé six travailleurs migrants à Abou Dhabi.
Cette offensive américano-israélienne, prétendument menée pour empêcher l'Iran d'acquérir des capacités nucléaires, a bouleversé l'équilibre des forces dans la région.
Avec des bases militaires américaines sur leur territoire, les monarchies du Golfe se retrouvent inexorablement entraînées dans ce conflit. De plus, l'Iran a décidé de repousser les funérailles de son guide suprême, Ali Khamenei, tué lors du premier jour du conflit.
Répondant à ces attaques, Téhéran a intensifié ses frappes avec des drones et des missiles ciblant Israël et d'autres intérêts américains dans la région.
- La crainte du grand plongeon -
L’armée iranienne a cependant démenti avoir visé le territoire azerbaïdjanais, après que Bakou a signalé que deux personnes avaient été blessées par des drones iraniens. Bakou a promis que ces actions ne resteraient pas impunies.
L’Europe n’est pas restée inactive face à cette escalade. L’Italie a décidé d’envoyer des équipements de défense antiaérienne aux nations du Golfe, tandis qu'une frégate espagnole se joint au porte-avions Charles-de-Gaulle en Méditerranée orientale.
John Healey, ministre britannique de la Défense, s'est rendu à Chypre suite à une récente attaque de drone contre la base britannique d'Akrotiri.
Les marchés sont en pleine panique, avec une volatilité croissante et un ralentissement des échanges dans cette zone stratégique. Kristalina Georgieva, directrice générale du FMI, a averti que l'économie mondiale est "à nouveau mise à l'épreuve".
Face aux menaces de pénuries, la Chine a demandé à ses raffineurs de suspendre les exportations de produits pétroliers, selon l'agence Bloomberg.
Dans la journée, l'Iran a annoncé avoir attaqué la région autonome du Kurdistan en Irak, redoutant que des groupes armés kurdes ne profitent du chaos ambiant pour contester son autorité.
Ali Larijani, chef du Conseil suprême de sécurité nationale d'Iran, a averti que les groupes séparatistes ne devraient pas sous-estimer la situation actuelle.
Mercredi, le Sénat américain a refusé de restreindre les pouvoirs de Trump en matière militaire. De son côté, le ministre de la Défense américain a exprimé son soutien à Israël lors de discussions avec son homologue israélien.
L’éventail des hostilités s’est élargi : pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, un sous-marin américain a coulé une frégate iranienne dans l'océan Indien, entraînant la mort d'au moins 87 marins selon les autorités sri-lankaises. Le chef de la diplomatie iranienne a affirmé que les États-Unis "regretteront amèrement" cet acte.
Les attaques iraniennes contre Israël ont repris, avec des affirmations concernant des frappes sur un pétrolier américain dans le Golfe, tandis qu’un second navire de guerre est envoyé vers le Sri Lanka.
Israël a intensifié ses frappes sur le Liban pour le quatrième jour consécutif, en réponse à l'attaque du Hezbollah visant à "venger" la mort de Khamenei, le leader iranien.
- Le détroit d'Ormuz en danger -
Dans le détroit d’Ormuz, le trafic maritime est toujours paralysé, avec les Gardiens de la Révolution iraniens revendiquant un contrôle total. Ce passage est vital pour le transit mondial de pétrole et de gaz.
Un pétrolier ancré au large du Koweït a subi une forte explosion, mais l’équipage a été sauvé.
Téhéran, frappée sans relâche, ressemble à une ville fantôme. Selon l'ONU, 100 000 personnes ont fui au cours des deux premiers jours de la guerre.
Téhéran semble plus désertée que jamais, avec des contrôles policiers omniprésents, a rapporté un habitant sur Telegram.
Les funérailles d'Ali Khamenei ont été reportées indéfiniment, tandis que des milliers de personnes se sont rassemblées pour lui rendre hommage, brandissant des pancartes contre les États-Unis et Israël, comme le rapporte la télévision publique iranienne.
Les autorités continuent de restreindre les communications, l’accès à Internet étant limité à environ 1 % de son niveau habituel, selon l’ONG de surveillance NetBlocks.







