Quand la guerre devient un business, certains parieurs frappent fort. La plateforme de marché de prédiction, Polymarket, est au cœur d'une controverse majeure après que des utilisateurs ont réalisé des gains notables en misant sur une possible attaque des États-Unis en Iran, ainsi que sur la chute du dirigeant iranien, Ali Khamenei, récemment décédé suite à ces attaques.
Selon des informations tirées de la plateforme, plus de 529 millions de dollars (environ 452 millions d’euros) ont été misés sur des contrats relatifs à l’attaque américaine, soulignant ainsi l’ampleur des transactions sur ce marché assez particulier.
Un parieur anonyme, sous le pseudonyme "Magamyman", aurait misé 87 000 dollars sur une attaque imminente, juste "71 minutes avant que l’information ne fuite", selon Mike Levin, élu démocrate. Cette mise lui aurait rapporté près de 515 000 dollars, soulevant des questions sur des comportements potentiellement illicites.
Des paris dérangeants et des comptes suspects
Des observateurs avertis mettent en lumière des comptes jugés suspects qui auraient gagné presque 1,2 million de dollars en pariant sur le timing précis des frappes américaines, peu avant leur exécution. La société d'analyse de blockchain Bubblemaps a identifié ces transactions qui pourraient suggérer un délit d'initié, alertant sur le fait que les portefeuilles impliqués avaient été alimentés juste avant les événements.
Une autre entreprise, Polysights, a également relevé des activités anormales sur des comptes ayant parié sur la chute de Khamenei avant le 31 mars, à partir de mi-janvier.
Les réaction des responsables politiques américains ne se sont pas fait attendre. Le sénateur démocrate Chris Murphy a jugé « aberrant » que de telles pratiques soient légales, promettant d’introduire rapidement un projet de loi pour y mettre un terme.
Une culture de paris qui s’étend
Les marchés de prédiction ont montré qu'ils peuvent s'avérer lucratifs, surtout dans le contexte d'événements géopolitiques. Début janvier, un pari sur la chute du président vénézuélien Nicolás Maduro, jugé imminent, avait déjà rapporté 430 000 dollars à un parieur anonyme.
En France, où ces plateformes sont illégales, l'Autorité nationale des jeux (ANJ) a récemment mis en garde sur leur caractère addictif, notant une montée en popularité qui coïncide avec l'élection présidentielle américaine de 2024.







