Lundi 2 mars 2026, le tribunal de commerce de Bordeaux a validé la reprise des papeteries Condat, situées en Dordogne, par Condat Solutions. Cette transition implique la reconversion de l’activité de l’usine, mais aussi le licenciement de 90 % des 200 salariés actuels. Cette situation souligne les défis auxquels fait face le secteur dans son ensemble, comme le rapporte l’Agence France-Presse (AFP).
Condat Solutions, filiale de la Société de participation de la Braye, a acquis le site historique du Lardin-Saint-Lazare, appartenant jusqu'ici au groupe espagnol Lecta, pour un million d'euros. Malheureusement, seul 21 salariés auront la chance de conserver leur emploi, une situation déjà aggraver par un précédent plan social en 2023.
« Un énorme gâchis », selon la CGT
Philippe Delord, délégué CGT, qualifie cette situation de « énorme gâchis ». Il ajoute : « Beaucoup se trouvent dans une situation délicate. À 54 ans, il est difficile de devoir se reconvertir. » Au total, ce sont environ 215 emplois, incluant les sous-traitants, qui sont menacés, selon ses estimations.
Condat Solutions, qui a précédemment réussi la reconversion d'une usine dans la Sarthe, a pour ambition de créer 300 nouveaux postes sur le site périgourdin. Il prévoit un « projet de réindustrialisation multi-sectoriel » visant à adapter le site face aux évolutions du marché.
Une aubaine pour le territoire ?
Francine Bourra, la maire du Lardin-Saint-Lazare, espère que si les 300 embauches et les 700 millions d’euros d'investissements se concrétisent, cela pourrait signifier une « aubaine pour le territoire ». Le groupe envisage de se lancer dans des activités telles que la production d’alumine décarbonée et l’élaboration de substituts respectueux de l'environnement pour l’industrie cosmétique.
Plus d’un siècle d’histoire
Fondée en 1907, l’usine du Lardin-Saint-Lazare a quelque peu évolué au fil des années, y compris un récent recentrage sur la glassine. Malgré des subventions substantielles, les efforts pour maintenir la rentabilité ont échoué, culminant avec la mise en redressement judiciaire de Condat face aux crises successives du secteur.
Un secteur en déclin
Le secteur du papier et du carton en France a souffert d’une réduction drastique de sa production, emportée par la numérisation et la concurrence internationale. En deux décennies, la production a chuté de 10 à 6,5 millions de tonnes, selon la Confédération française de l’industrie des papiers, cartons et cellulose. Ce constat fait écho à la fermeture récente d'autres usines, telles que celle de Saint-Michel et Stenpa.
Alors que le temps passe, l’avenir reste incertain pour les papeteries Condat et ses travailleurs. La survie de ce site dépendra largement de la capacité de la nouvelle direction à adapter l’activité industrielle aux réalités modernes du marché.







