Le monde de la formation professionnelle proteste contre des restrictions à l'utilisation du Compte Personnel de Formation (CPF) prévues dans le budget de l'État.
Pour 2024, environ 1,4 million de formations ont été financées par le CPF, dont une part significative pour les permis de conduire. Les formations linguistiques et les bilans de compétences, par exemple, représentent également des secteurs clés. Actuellement, les salariés à temps partiel bénéficient d'une allocation de 500 € par an, avec un plafond de 5.000 € pour les droits non utilisés.
Le projet budgétaire, encore en attente de validation par le Conseil constitutionnel, introduit des plafonds de 1.500 € pour certaines formations. Ces mesures inquiètent les acteurs du milieu, comme le souligne Déborah Guillotin, présidente de My English School France, qui note que ces nouvelles limites s'éloignent de la réalité des coûts des formations.
Vers une formation élitiste ?
Selon les données du ministère du Travail, les coûts moyens des formations en langue dépassent souvent les montants autorisés. Orianne Ledroit, directrice générale d'EdTech France, met en garde contre une restriction des compétences numériques. Elle juge ces mesures insuffisantes pour accompagner les professionnels envers l'acquisition des compétences nécessaires dans un monde numérique en constante évolution.
Les bilans de compétences face à l'incertitude
Les bilans de compétences restent un point de friction, car leur cofinancement est incertain. Garance Yverneau, secrétaire générale des Acteurs de la compétence, fait remarquer que les demandeurs passent souvent par une reconversion discrète, à l'écart du soutien traditionnel des employeurs.
Le gouvernement justifie ces plafonnements par la volonté de maîtriser des coûts, mais des voix s'élèvent, affirmant que cela entraîne une exclusion sociale des classes moyennes. Anaïs Prétot, dirigeante de LiveMentor, avertit que les microentrepreneurs seront particulièrement touchés.
Des restrictions sur l'accès au permis de conduire
En outre, la réforme limite le CPF pour les permis de conduire, entraînant des économies qui pourraient compromettre l'accès à l'emploi, notamment en milieu rural. La fédération Mobilians a déjà exprimé des préoccupations face à l'impact de ces restrictions sur la mobilité des citoyens.
Lire aussi







