Le Parquet national antiterroriste (Pnat) a récemment alerté sur la libération de 35 détenus condamnés pour des faits de terrorisme islamiste prévue pour 2026. Olivier Christen, son directeur, a partagé ces projections avec Le Monde, alors que la France a déjà enregistré 339 libérations depuis 2021.
Cette nouvelle vague de libérations intervient après que 46 détenus ont été remis en liberté en 2025, dont Brahim Bahrir, un individu à l'issue tragique ayant menacé des gendarmes à l'Arc de Triomphe. Libéré seulement un mois et demi avant son acte, cet homme avait été condamné pour terrorisme en Belgique en 2013 après avoir blessé deux policiers avec un couteau. Son récent suivi judiciaire incluait une obligation de participer à un programme de déradicalisation.
Une inquiétante montée des libérations et des réincarcérations
Le procureur a également mis en lumière l'augmentation des justifications de libération. En 2021, près de 21% des sorties étaient attribuées à des condamnations pour des actions violentes. Ce pourcentage a grimpé à environ 33% en 2025, et pourrait atteindre 52% en 2026, une évolution qui suscite de vives inquiétudes quant à la sécurité publique.
Parmi les 339 détenus libérés depuis 2021, 57 ont été réincarcérés. Les motifs de ces réincarcérations révèlent que 49% des cas résultent de violations de suivi judiciaire, 21% de violations de mesures administratives, et une part significative de 5% liée à des projets d'attentats ou d'actions violentes. Ces chiffres illustrent la complexité du suivi de ces individus et les défis à relever pour assurer la sécurité.
Les experts s'accordent à dire que le sujet des libérations de détenus pour terrorisme islamiste nécessite une attention particulière. Jean-Pierre Dubois, sociologue spécialiste des questions de sécurité, souligne que ces préoccupations ne doivent pas être prises à la légère. "Le suivi judiciaire doit être renforcé pour éviter toute récidive", préconise-t-il.







