Depuis 2017, le Rassemblement national (RN) a vu son influence croître de manière significative, tirant au passage des voix précieuses au sein de l'électorat traditionnel des Républicains (LR). Cette évolution soulève une question cruciale : l'alliance entre ces deux formations, jusqu'alors opposées, deviendra-t-elle une réalité ? Éric Ciotti, président des LR, a ouvert la voie vers cette éventualité après les élections européennes de 2024, en exprimant son intérêt pour un rapprochement, malgré les critiques des figures historiques du parti.
Les tensions à LR s’intensifient. Si de nombreux cadres, tels que Valérie Pécresse et Xavier Bertrand, restent opposés à toute forme d'alliance, d'autres commencent à envisager cette option comme un mal nécessaire. Une visite notable de Jordan Bardella, le président du RN, chez Nicolas Sarkozy a été considérée comme un signe avant-coureur d'une possible réconciliation. Dans son dernier ouvrage, Sarkozy a révélé avoir déclaré à Marine Le Pen qu'il ne soutiendrait plus un front républicain contre le RN.
Des exemples illustrent cette nouvelle dynamique. À Marseille, la candidate divers droite Martine Vassal, ancienne LR et actuelle présidente des Bouches-du-Rhône, fait preuve d'ambiguïté quant à ses alliances politiques. Au Haut-Rhin, le responsable départemental LR a rejoint une liste RN pour les municipales, laissant entendre que l'étanchéité entre les deux partis pourrait se fissurer davantage à l'approche des élections.
Lors des dernières élections, le RN a obtenu des résultats sans précédent, se plaçant en tête dans 93 % des communes, tandis que LR peinait à atteindre 10 %. Cette tendance alarme et interroge le leader des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, qui a souligné le grave risque d’une confusion entre droite républicaine et extrême droite, un fait qu'il déplore, soulignant que des éléments essentiels tels que la culture et la santé publique demeurent en décalage entre les deux partis.
Les prochaines élections municipales de mars 2026 seront déterminantes pour mesurer l'impact de cette évolution. De nombreux observateurs politiques s'interrogent : le RN poursuivra-t-il sa progression, alors que les LR pourront-ils préserver leur maillage territorial grâce à une résistance efficace ? La ligne de partage qui séparait ces partis, jadis robuste sous Jacques Chirac, semble se dérober davantage, laissant présager un bouleversement significatif sur la scène politique française.







