Après avoir purgé une partie de sa peine pour des crimes de fraude fiscale et de blanchiment, l'ancien maire de Levallois-Perret, Patrick Balkany, a été accordé une libération conditionnelle par le tribunal d'application des peines d'Évreux. Cette décision, prise ce lundi 12 janvier, permettra à Balkany d'éviter de porter un bracelet électronique tout en continuant de purger les dix-huit mois restants de sa peine.
Face aux réquisitions du parquet qui avait demandé un placement sous surveillance, la justice a considéré plusieurs facteurs pour justifier son choix. Parmi eux, l'absence d'incidents notables lors de sa précédente libération conditionnelle entre août 2022 et avril 2023, ainsi que sa santé et son âge, qui ont été pris en compte dans cette décision. Selon Le Parisien, le tribunal a reconnu les efforts de Balkany pour rembourser ses dettes au fisc.
La décision a cependant suscité des remarques acerbes quant aux privilèges dont bénéficierait l'ancien édile. Bien qu'il ait été condamné pour des infractions qui entachent l'intégrité du service public, Balkany reste usufruitier de son moulin à Giverny, un bien dont la confiscation a été ordonnée par la justice. Les avocats de l'Agence de gestion et de recouvrement des avoirs confisqués ont souligné que le couple Balkany n'a pas encore quitté les lieux, malgré une assignation récente pour obtenir un loyer, une situation qui pourrait générer des tensions à l'avenir.
Réactions et préoccupations
Alors qu'il s'est déclaré soulagé après le verdict, Balkany a confirmé que sa femme, Isabelle, partageait ce même sentiment. Toutefois, cette décision a ravivé les discussions sur l'équité de la justice en France, notamment pour les personnalités politiques. Plusieurs experts en droit pénal estiment que l'application de la loi doit être stricte, surtout pour ceux ayant des antécédents criminels aussi lourds que ceux de Balkany. Jean-Claude Samouiller, professeur de droit à l'Université de Paris, a fait valoir que cette décision pourrait nuire à la confiance du public dans le système judiciaire.
En conséquence, les juges ont prolongé le délai de probation de Balkany jusqu'en juillet 2028, afin de s'assurer qu'il respecte ses obligations de remboursement de dettes. En somme, la libération conditionnelle de Patrick Balkany soulève des questions profondes sur l'égalité devant la loi et la capacité du système judiciaire à traiter également tous les citoyens, quelle que soit leur notoriété.







