En France, les « haltes soins addictions », souvent appelées « salles de shoot », sont l’objet d’un rapport publié par l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) qui préconise leur intégration dans le droit commun. Ces structures, expérimentées à Paris et Strasbourg depuis 2016, ont prouvé leur efficacité dans la réduction des risques sanitaires et l'amélioration de la tranquillité publique.
Le rapport met en lumière les bénéfices de ces lieux, qui accueillent principalement des usagers de drogues injectables en situation de grande précarité. En effet, ces salles ont contribué à une baisse significative du nombre de seringues abandonnées dans les espaces publics, repoussant ainsi les risques d'infections et de surdoses. Une estimation réalisée par l'Igas révèle que l’usage de ces structures améliore considérablement la santé publique.
Les résultats, présentés en octobre 2024, affirment que « dix fois moins de seringues sont retrouvées dans l’espace public », soulignant le rôle crucial de ces espaces comme vigies des tendances de consommation de drogue, notamment l'apparition de substances comme le fentanyl, mis en lumière grâce aux données collectées à Strasbourg.
Les haltes soins addictions ne se limitent pas seulement aux bénéfices sanitaires. Elles sont également essentielles pour la tranquillité dans les zones sensibles, contribuant à réduire les consommations en plein jour. Les services de sécurité publique n'ont pas constaté une augmentation de la délinquance près de ces établissements, et souvent, il a été observé un effet positif sur la sécurité dans l'environnement immédiat.
Cependant, les inspecteurs soulignent que toutes les villes n'ont pas nécessairement besoin d'une telle structure. L'implantation doit être adaptée aux besoins locaux, prenant en compte des critères comme la capacité d’accueil, la proximité avec des services médicaux, et l’intégration dans un continuum de soins allant de la prévention à l'accompagnement.
Ce rapport relance le débat sur la pérennisation de ces dispositifs en France, alors même que des soutiens politiques émanant de diverses parties continuent d’émerger. Des spécialistes en santé publique, à l'image du Dr. Dupuis, estiment que ces initiatives sont une nécessité pour moderniser la réponse de l'État face à la crise des drogues, en intégrant les enjeux sanitaires et sociaux.







