Jake Angeli, lors de l'assaut du Capitole le 6 janvier 2021, avait captivé l'attention mondiale en incarnant l'image du « chaman de QAnon », torse nu et coiffe de bison à cornes noires. Aujourd'hui, il marque un tournant radical : il a clairement affirmé sa rupture avec Donald Trump, le président qui l’a gracié, soulignant un désenchantement profond vis-à-vis de l'administration Trump qu'il qualifie de « désastre corrompu ».
Dans une interview avec CNN, Angeli a confié son impatience face à l'absence de transparence de Trump, notamment sur la demande de divulgation des clients de Jeffrey Epstein. « Le fait qu’il refuse de divulguer cette liste a suffi à tellement de gens pour comprendre la réalité : tout cela n'est que des mensonges », a-t-il déclaré. Les espoirs d’Angeli envers Trump, qui l’avait gracié dès son arrivée à la Maison-Blanche, se sont donc dissipés.
À la suite de sa libération, Angeli avait exprimé sa joie sur les réseaux sociaux, mais quelques mois plus tard, son ton devenu virulent contre l'ancien président et ses alliés a suscité de nombreuses interrogations. « Qu’est-ce que vous pensez qu’Epstein et Israël ont sur Trump ? » s’est-il indigné dans un post.
Anciens complices du 6 janvier, comme Chadwick Twillman, expriment des réserves sur la santé mentale d’Angeli : « Il s'est enfoncé dans des théories du complot, une âme perdue » a-t-il expliqué. Cependant, le chaman, désormais âgé de 38 ans, semble déterminé à poursuivre sa carrière politique. En effet, il brigue le poste de gouverneur de l'Arizona, se présentant comme un candidat indépendant prêt à s'opposer à une élite qu'il considère comme oppressante.
Angeli déclare : « L'Amérique est en guerre contre un système qui cherche à contrôler la population ». Ses récentes déclarations vont même jusqu'à qualifier l'intervention au Venezuela d'« acte de piraterie », surenchérissant ainsi sa critique vis-à-vis du gouvernement américain, qu'il estime sous influence.
Non seulement Angeli s'illustre par ses discours, mais il a également déposé une plainte autrement surprenante, demandant 40 trillions de dollars en tant que « président légitime » des États-Unis, des revendications qui défient toute logique. Ainsi, il a engagé une lutte contre des institutions comme la Réserve fédérale, car il se considère comme un sauveur en quête de justice et de transparence.
Ajoutant à cette mystique, Angeli compte sur cette candidature pour redresser ce qu'il perçoit comme une déviance politique de son pays, se plaçant au centre d'un discours qui prône une réforme radicale. Dans un monde où les dangereuses théories du complot continuent de se propager, le parcours d'Angeli pourrait servir à illustrer les dérives d'une certaine radicalité politique.







