À l'occasion du sommet de l'Otan se tenant à Ankara, les nations alliées européennes s'emploient à lancer des annonces de contrats d'armement afin de répondre aux exigences financières formulées par le président américain.
Les pays membres de l'Otan se réunissent mardi et mercredi pour éviter que cette rencontre ne s'interrompe brusquement sous les critiques acerbes de Donald Trump. Pour apaiser les tensions, les Européens ont décidé de prouver leur sérieux en consacrant des milliards à la modernisation de leur défense, comme l'a rapporté Sud Ouest.
Une offensive diplomatique et industrielle
En préparation de ce sommet, une opération charme a été mise en place pour rassurer Trump. Mark Rutte, le secrétaire général de l'Otan, a orchestré ce plan. Lors d'un forum sur l'industrie de défense, qui commence ce mardi à Ankara, des contrats d'armement d'un montant total dépassant les dizaines de milliards de dollars seront annoncés. Une portion significative de ces contrats ira à l'industrie américaine, dans l'espoir de gagner les faveurs de Trump.
Le Canada, qui cherche lui aussi à diversifier ses partenaires dans le secteur de la défense, a annoncé, lundi, un partenariat avec le groupe allemand Thyssenkrupp Marine Systems pour la construction de nouveaux sous-marins.
Les défis contemporains de la défense
Donald Trump a récemment pointé du doigt les engagements militaires des Européens, les qualifiant de « unilatéraux », ce qui a suscité des tensions au sein de l'Alliance. Alors que les Européens tentent de se conformer à l'objectif d'investir 5 % de leur PIB dans la défense, beaucoup restent encore en deçà de cette cible. Rutte a évoqué une nette augmentation des dépenses en 2025, atteignant 258 milliards de dollars supplémentaires pour l'année.
Il est essentiel, selon lui, de transformer cet argent en capacités de défense concrètes et efficaces, un défi que doivent relever les industriels européens.
Le soutien à l'Ukraine au cœur des débats
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky est également attendu à Ankara. Son pays a acquis une expertise précieuse, notamment dans le domaine des drones, que les alliés européens souhaitent intégrer dans leurs stratégies de défense. De plus, les Européens, avec le Canada, prévoient d'allouer une aide militaire à l'Ukraine de 40 milliards d'euros en 2026 et 2027, ce qui s'ajoutera aux 30 milliards promis par l'Union européenne.
En conclusion, les Européens cherchent à se présenter comme des partenaires fiables tout en naviguant habilement entre les exigences de Trump et les ambitions de défense collective. Leur capacité à maintenir une diplomatie constructive, comme cette dynamique renforcée avec la Turquie, pourrait être clé pour le succès de ce sommet.







