Le Haut-Commissaire aux droits de l'homme, Volker Türk, a récemment exprimé des préoccupations alarmantes concernant la situation désastreuse à El-Obeid, une ville stratégique du Soudan actuellement assiégée par des groupes paramilitaires. Des milliers de personnes font face à des déplacements massifs dans une terre déjà affligée par la violence.
El-Obeid, située dans la région du Kordofan, subit depuis des mois un siège imposé par les Forces de soutien rapide (FSR), qui sont en conflit avec l'armée soudanaise depuis avril 2023. M. Türk a alerté lors d'un débat urgent au Conseil des droits de l'homme de l'ONU à Genève, affirmant que des violations flagrantes des droits humains se déroulent en temps réel dans cette ville clé.
Ce débat, soutenu par plusieurs pays dont le Royaume-Uni, vise à adopter une résolution proposant une trêve humanitaire pour faciliter l'accès de l'aide. Le texte condamne également l'escalade des violences à El-Obeid. Il devrait être examiné très prochainement.
« La multiplication des frappes de drones tue des civils et détruit des infrastructures vitales », a déclaré la représentante britannique, Eleanor Sanders, mettant ainsi en avant la gravité de la situation.
Des ONG et des instances internationales s'inquiètent de la possibilité d'une offensive similaire à celle qui avait conduit à la prise d'El-Facher l'année passée, où la violence était extrême. L'ONU appelle à une mobilisation urgente, soulignant que les dirigeants mondiaux doivent vraiment se pencher sur la crise.
« Nous avons besoin d'une action immédiate pour éviter un scénario catastrophique à El-Obeid, sinon nous pourrions nous retrouver avec un déplacement de plus de 500 000 personnes », a averti Mohamed Refaat, chef de mission de l'OIM au Soudan. Pendant ce temps, des centaines de familles vendent leurs biens pour tenter de fuir la ville, malgré les coûts prohibitifs du transport et le danger que cela implique.
Les résidents qui choisissent de rester risquent d'être arrêtés, tandis que ceux qui fuient vers des zones contrôlées par les FSR sont souvent accusés de collaboration. La situation est rendue encore plus complexe par une montée inquiétante des discours de haine.
Selon les rapports récents du Haut-Commissariat, au moins 15 frappes de drones sur la région entre le 6 et le 28 juin ont fait au moins 45 victimes civiles, bien que le chiffre réel pourrait être beaucoup plus élevé. Les attaques touchent des cibles civils comme des marchés, des écoles et des infrastructures essentielles, intensifiant encore davantage la crise humanitaire dans cette zone.
La guerre civile au Soudan, qui oppose l'armée aux FSR, a déjà causé de lourdes pertes humaines et déplacé plus de 12 millions de personnes, selon l'ONU, dont près d'un million ont trouvé refuge au Tchad. La communauté internationale fait face à un défi immense pour prévenir une aggravation de la situation à El-Obeid.







