Un citoyen d'origine franco-libanaise a engagé des poursuites pour "crimes contre l'humanité" et "crimes de guerre" après avoir perdu quatre membres de sa famille dans une attaque israélienne à Tyr, comme l'a rapporté Franceinfo ce jeudi 2 juillet.
Âgé de 42 ans, le plaignant a certes subi une perte incommensurable, car sa mère, sa sœur, ainsi que deux jeunes enfants, un neveu de 10 ans et une nièce de 4 ans, ont été tués lors d'une frappe aérienne israélienne dans la nuit du 16 au 17 avril dernier, à Tyr. Son père, quant à lui, est actuellement dans un état critique.
L'attaque a eu lieu à 23h57, très peu de temps avant l'officialisation d'un cessez-le-feu. Selon Me Emmanuel Daoud, l'avocat du plaignant, "aucun ordre d'évacuation n'a été délivré par l'armée israélienne, et cinq immeubles, situés dans un secteur résidentiel exclusivement habité par des civils, ont été réduits en miettes." Pour lui, ces violences tombent sous le coup du droit international humanitaire, et il déclare avec force : "rien ne peut justifier le massacre d'innocents."
Une procédure qui peut remonter jusqu’au sommet de l'État hébreu
L'avocat affirme qu'il dispose d'éléments suffisants pour établir l'existence d'une attaque systématique visant la population civile au Liban, orchestrée par un plan concerté. Le bombardement incessant de Tsahal, caractérisé par une intensité croissante et une absence de proportionnalité depuis le début du conflit en mars, renforce son argumentation. D'après les données fournies par le ministère de la Santé libanais, le nombre des victimes a tragiquement franchi la barre de 3 783 morts et plus de 11 699 blessés au 14 juin.
Cette initiative judiciaire, portée en France, a pour but de disséquer les chaînes de commandement militaire et politique israéliennes. Me Daoud souhaite identifier à la fois les ordonnateurs de cette frappe ainsi que les unités responsables jusqu'aux plus hauts dirigeants, notamment le ministre de la Défense Israel Katz et le Premier ministre Benyamin Nétanyahou. En espérant éclaireur d'autres victimes, l'avocat aspire à instaurer un précédent et à mobiliser d'autres binationaux afin de mettre un terme à l'impunité via le système judiciaire.







