Une session de négociations techniques a eu lieu entre des représentants iraniens et américains au Qatar, visant à établir un climat propice à la paix dans la région, après des échanges de frappes menaçant la trêve fragile. Ces pourparlers font suite à un accord signé le 17 juin, dont la portée, notamment en ce qui concerne le détroit d’Ormuz et le programme nucléaire iranien, suscite encore des interrogations.
Selon l'agence iranienne IRNA, cet échange a permis à Téhéran de débloquer une partie de ses avoirs gelés au Qatar pour acquérir des fournitures nécessaires. De plus, un canal de communication sera instauré afin de signaler toute violation éventuelle de l'accord. "De nombreux sujets liés à l'utilisation des six premiers milliards de dollars de fonds ont été discutés," a précisé le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi.
Les ministères des Affaires étrangères du Qatar et du Pakistan, pays médiateurs, ont exprimé leur satisfaction quant aux "progrès positifs" de ces négociations. De son côté, Donald Trump, ayant envoyé ses émissaires Steve Witkoff et Jared Kushner au Qatar, a évoqué de "très bonnes réunions".
Une source proche des négociations, souhaitant rester anonyme, a précisé que les discussions se sont concentrées sur des dispositions liées au détroit d’Ormuz, tandis que les questions nucléaires seraient traitées ultérieurement. Il est à noter que des pourparlers de haut niveau se sont tenus fin juin en Suisse, mais Téhéran a refusé toute discussion directe suite aux frappes américaines sur son sol.
Reprise après les funérailles de Khamenei
La reprise des négociations est attendue après les funérailles de l'ayatollah Ali Khamenei, qui se dérouleront à Téhéran durant six jours, à partir de ce samedi. Les obsèques de l'ex-guide suprême, tué lors d’une offensive israélo-américaine, étaient initialement prévues en mars, mais ont dû être reportées.
Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a appelé à un fort engagement de la population lors des funérailles, déclarant que la mort de Khamenei devait être vengée.
Les tensions sur le terrain
Le détroit d'Ormuz, crucial pour le commerce mondial des hydrocarbures, demeure un point de friction majeur. Alors qu'aucune attaque de navires n'a été rapportée ces derniers jours, les tensions dans cette voie maritime restent palpables. L'Iran veut imposer un droit de passage, une initiative inacceptable pour les États-Unis.
Lors d'une réunion à Bahreïn, les responsables de la Défense de 12 nations, principalement du Golfe, ont affirmé leur engagement vers la libre circulation commerciale dans le détroit. Kazem Gharibabadi a cependant répliqué que la sécurité de la région dépendrait de la fin des interventions étrangères et du respect des souverainetés nationales.
Sur le front libanais, malgré une accalmie relative entre Israël et le Hezbollah pro-iraniens, des frappes sporadiques continuent d'être rapportées, renforçant les appels de Téhéran à inclure le Liban dans les discussions, une exigence qu'Israël refuse.
Dans un contexte parallèle, un accord-cadre pour une "paix durable" a été signé à Washington entre Israël et le Liban, conditionnant un retrait israélien au désarmement du Hezbollah. Le texte prévoit aussi un contrôle en plusieurs étapes par l'armée libanaise dans le sud pour faciliter le retour des civils, bien que Beyrouth exige un retrait israélien préalable.







