Le 4 juin dernier, l'Italie a franchi un cap significatif en matière d'éducation sexuelle. Le Sénat italien a définitivement validé une réforme, soutenue par le gouvernement de Giorgia Meloni, qui exige que les familles soient préalablement informées et donnent leur consentement écrit pour certaines interventions éducatives liées à la vie affective et sexuelle. Cette législation marque une première dans le pays, où la gestion de ces sujets étaient jusqu'ici laissée à l'autonomie des établissements scolaires.
Avec cette nouvelle loi, il est confirmé qu'il n'y aura pas d'éducation sexuelle ou émotionnelle dans les écoles maternelles et primaires. Cependant, pour les niveaux secondaires, qui accueillent des jeunes de 11 à 19 ans, des activités peuvent être mises en place sous un cadre rigoureusement défini. Les établissements auront l'obligation d'informer les familles au moins sept jours avant les interventions prévues et de fournir des détails sur les experts ou associations impliqués, ainsi que les matériels pédagogiques utilisés. De plus, la présence d'un enseignant durant ces interventions sera requise pour garantir le respect des objectifs pédagogiques.
Une réforme défendue au nom de l’autorité parentale
Le ministre de l'Éducation, Giuseppe Valditara, fervent défenseur de ce texte, a souligné qu'il s'agissait d'une mesure pour protéger les jeunes « des dérives de la propagande de genre », tout en affirmant le rôle central des parents dans l'éducation de leurs enfants. Cette approche a suscité de vives critiques de la part de l'opposition, qui a qualifié la réforme d'« obscurantiste ». Des craintes sont exprimées concernant la possibilité que certaines matières éducatives, jugées standard comme la biologie ou les sciences, subissent des contestations.
Face à ces critiques, Valditara a précisé que le consentement parental ne s'applique pas aux enseignements obligatoires des programmes scolaires. Des cours comme la biologie, l'étude de l'appareil reproducteur, et les notions de prévention des infections sexuellement transmissibles restent intégralement accessibles à tous les élèves.
Cette réforme s'inscrit dans une tendance plus large au sein du gouvernement italien, visant à réorganiser l'éducation et à renforcer les distinctions de genre. En avril, le ministère de l'Éducation avait déjà interdit l'usage de symboles d'écriture inclusive dans les communications officielles des écoles, citant la nécessité de maintenir la rigueur de la langue italienne. Valditara avait alors exprimé son souhait de « rétablir le respect de notre langue », marquant ainsi une volonté politique claire en matière d'éducation et de culture.







