Alors que le Soudan est en proie à une guerre civile depuis avril 2023, le climat s'échauffe avec son voisin, l'Éthiopie. Accusé d'« agression » par Khartoum après des attaques de drones, Addis Abeba répond en dénonçant le soutien de l'armée soudanaise à des « mercenaires » du TPLF, un parti puissant du Tigré. La montée de ces tensions alimente la crainte d'un nouveau conflit dans cette région déjà meurtrie par deux ans de guerre, qui ont laissé au moins 600 000 morts selon l'Union africaine.
Sous cette pression, le Soudan a rappelé son ambassadeur en Éthiopie, affirmant que ce dernier avait des preuves d'attaques de drones lancées depuis l'Éthiopie vers des positions soudanaises. Lors d'une conférence de presse, un porte-parole de l'armée soudanaise a révélé que des drones avaient été observés ciblant des régions comme le Nil Blanc et Kordofan. Le Soudan a accusé l'Éthiopie de complicité dans l'attaque de son aéroport de Khartoum, pointant du doigt les Émirats arabes unis comme co-auteurs de cette infraction.
« Les actions de l'Éthiopie et des Émirats arabes unis constituent une agression directe contre le Soudan et ne resteront pas impunies », a averti Assim Awad, porte-parole de l'armée soudanaise. De plus, il a mentionné que d'autres drones avaient été associés à des attaques précédentes, un signe alarmant de l'évolution de ce conflit. Cette escalade marque un tournant dans les relations déjà tendues entre les deux pays, exacerbées par des accusations précoces sur des frappes venant de territoire éthiopien.
Les Émirats arabes unis, qui fourniraient un soutien logistique aux Forces de soutien rapide (FSR) du Soudan, sont au centre des préoccupations. Bien qu'ils réfutent fortement toute ingérence, des rapports internationaux continuent de souligner la complexité des alliances en jeu. La Corne de l'Afrique, zone stratégique entre l'océan Indien et le canal de Suez, devient ainsi un terrain d'affrontement majeur pour les puissances régionales, comme l'indiquent plusieurs experts de la politique du Moyen-Orient. Selon des analyses de 20 Minutes, la dynamique actuelle suggère que les rivalités interétatiques pourraient provoquer une nouvelle escalade.







