En juillet 2021, Willy Bardon a été condamné à 30 ans de réclusion criminelle pour le viol, l'enlèvement et la mort d'Élodie Kulik. Cette jeune banquière a tragiquement perdu la vie dans la nuit du 10 au 11 janvier 2002, son corps étant découvert calciné à Tertry, dans la Somme.
La défense de Willy Bardon a annoncé ce mardi, 5 mai, son intention de demander une procédure en révision pour obtenir un nouveau procès. Bardon, qui maintient son innocence, a vu sa condamnation en appel confirmer les 30 ans de réclusion criminelle. Ses avocats ont saisi le procureur d'Amiens, réclamant de nouvelles expertises basées sur les avancées scientifiques depuis le procès de 2021.
« Il n'est jamais trop tard pour que la vérité émerge dans ce dossier », a souligné Gabriel Duménil, l'un des avocats de Bardon, lors d'une conférence de presse. Le meurtre d'Élodie Kulik, alors âgée de 24 ans, avait provoqué un choc national, son enlèvement ayant été filmé dans un enregistrement poignant où ses cris et des voix masculines s’entremêlent.
Willy Bardon, reconnu par plusieurs témoins
Avant sa mort, Élodie avait appelé les secours, et cet enregistrement de 26 secondes a constitué un élément central de l'enquête. L’affaire avait stagné durant près de dix ans avant qu’un suspect, Grégory Wiart, ne soit identifié par une nouvelle technique ADN, bien que ce dernier soit décédé peu avant cette avancée.
En explorant le cercle proche d'Élodie, les enquêteurs ont ensuite mis le focus sur Willy Bardon, dont la voix a été identifiée sur l'enregistrement. Cependant, aucune trace ADN ou autre preuve formelle n'a pu être reliée à la scène du crime. En décembre 2019, il a donc été condamné à 30 ans de réclusion par la cour d'assises de la Somme. À l'annonce du verdict, Bardon a tenté de se suicider en ingérant un pesticide.
La demande de révision de la défense pose la question de la fiabilité des preuves recueillies lors de l’enquête initiale. Comme l'affirme un expert, « il est essentiel d'exploiter toutes les technologies modernes susceptibles de faire avancer la vérité ». Cette démarche pourrait rouvrir le débat sur un dossier qui a déjà marqué les esprits dans la chronologie criminelle française.







