Depuis plusieurs semaines, les résidents d'Épehy, un charmant village de la Somme, sont aux prises avec une invasion de rats. Ce phénomène inhabituel s'est intensifié au cours du dernier mois, suscitant des inquiétudes parmi les habitants. Excédés par l'absence de réactivité de leurs élus, plusieurs d'entre eux ont décidé de faire entendre leur voix en alertant le média local ICI Picardie.
La situation est alarmante. Les rats s'introduisent dans les jardins et même dans les habitations. Candice Lecocq, une habitante de longue date, témoigne : "Des voisins ont découvert des infestations dans leur grenier et nous apercevons ces animaux se déplacer dans les rues, surtout le soir, lorsque leurs cris résonnent dans la nuit". Son compagnon, Alexandre, partage cette inquiétude.
Une trentaine d'habitants concernés
Les résidents rapportent non seulement des animaux errants, mais aussi des trous dans les pelouses et des excréments de rats dans leurs abris de jardin. Plus alarmant encore, on trouve parfois des cadavres écrasés sur les routes. "Un voisin a installé trois tapettes et a attrapé un rat de 15 à 20 centimètres", raconte une voisine, pour qui la peur d'une intrusion dans sa maison est omniprésente.
Cette invasion n'est pas une surprise pour certains, mais elle est inédite pour beaucoup d'habitants qui n'avaient jamais été confrontés à une telle situation. "Environ trente habitants font état du même problème", précise Candice. Certains s'inquiètent de la santé de leurs animaux de compagnie, redoutant qu'ils ne tombent sur des carcasses de rats et contractent des maladies graves.
Des propriétaires attentifs
Le maire, Jean-Michel Martin, a pris les devants en rencontrant des résidents le 2 mai dernier. Il souligne l'importance pour les propriétaires d'animaux de veiller à la gestion de leurs stocks et restes alimentaires, attirant l'attention des rongeurs. S'il admet que les moyens d'action de la commune sont restreints, il rappelle que la dératisation des espaces publics est essentielle.
La loi oblige les maires à inciter les riverains à traiter leurs terrains. "Nous devons envoyer un courrier aux propriétaires pour les informer de leurs responsabilités. S'ils ne respectent pas la législation, ils pourraient recevoir une amende de 450 euros", indique-t-il. Cependant, la mairie ne prévoit pas de participer financièrement à des opérations de dératisation, des mesures déjà prises pour d'autres nuisibles comme les frelons.
Un courrier avant une mise en demeure ?
Malgré l'urgence de la situation, un obstacle persiste : les rats semblent s'établir dans des terrains en friche, ce qui complique leur gestion, car les propriétaires sont parfois injoignables. Il est donc impératif que chaque habitant prenne conscience de son rôle et de ses responsabilités afin d'endiguer cette prolifération dévastatrice.







