Le Kribi, porte-conteneur battant pavillon maltais du groupe français CMA CGM, a traversé le détroit d'Ormuz, marquant un fait sans précédent pour une entreprise française dans cette zone stratégique. Selon les données de MarineTraffic, le navire a effectué sa navigation en passant au nord de l'île de Larak, non loin des côtes iraniennes, en suivant une route maritime apparemment validée par les Gardiens de la Révolution.
Cette traversée a eu lieu jeudi après-midi et a été confirmée par plusieurs sources, dont l'AFP. Le détroit d'Ormuz est un point névralgique, car 20 % de l'approvisionnement mondial en pétrole y transite quotidiennement. Il est, depuis quelque temps, soumis à un contrôle accru de l'Iran dans un contexte géopolitique tendu.
Le Kribi a navigué dans un couloir maritime qui, selon des experts, semble être une initiative de coopération entre les autorités iraniennes et les opérateurs maritimes, permettant à certains navires de traverser en toute sécurité. Cette autorisation nécessite cependant le paiement de frais conséquents pour figurer dans le système d'enregistrement des "navires approuvés". Selon des données de suivi, le navire de CMA CGM se trouvait au large de Mascate vendredi matin, diffusant le message "owner France" au lieu de mentionner une destination précise.
Les implications de cette traversée sont considérables. Daniel Revi, expert en géopolitique maritime, souligne que "cela pourrait signaler une ouverture dans les relations commerciales même dans un climat de tension régionale. La capacité à naviguer dans ces eaux pourrait réduire les coûts et les délais de transport pour les expéditeurs français".
Cette avancée s’inscrit dans un contexte où d’autres pays, comme le Qatar, explorent de nouvelles routes de transport pour éviter le détroit d'Ormuz, accentuant l'importance stratégique de cette zone pour l’économie mondiale.







