Le 31 mars, lors de son procès, Teddy Jambart n'a prononcé qu'une phrase : "J’ai aucune adresse". Cet homme de 35 ans, accoutumé des tribunaux, est reconnu coupable d'avoir mis un contrat sur la tête du magistrat en décembre 2025.
Initialement, Jambart faisait face à un potentiel de dix ans de réclusion. Après une brève comparution, il refuse de continuer, choisissant d'être jugé en son absence.
Les accusations sont d'autant plus inquiétantes que le 28 octobre 2025, un message alarmant a été publié sur le compte TikTok du maire de Douai, proposant 200 000 euros pour l'exécution du procureur Carrère. L'enquête a révélé que le message provenait du compte Snapchat de Jambart, utilisé en prison.
Un casier judiciaire chargé
Les raisons précises de sa rancœur envers la justice demeurent floues, mais l'historique criminel de Jambart est impressionnant, avec 25 mentions sur son casier judiciaire pour divers crimes, allant de la violence aggravée à la séquestration. En juillet 2025, il avait déjà été condamné à 18 mois de prison ferme pour avoir menacé une juge d'instruction, et il purgait déjà une peine de 20 ans pour avoir gravement blessé une personne âgée.
Sans domicile stable, sans ressources, et avec un passé scolaire chaotique, ayant quitté l'école dès la classe de 4e après avoir été expulsé pour avoir agressé des enseignants, Jambart est dans une spirale de délinquance.
Impact sur l'État de droit
La vice-procureur du Pnaco, lors de son réquisitoire, a vivement dénoncé cette attaque contre un magistrat, signalant qu'elle reflète une tendance inquiétante d'agressions contre la justice. Elle souligne que de nombreuses attaques similaires proviennent d'organisations criminelles cherchant à déstabiliser le système judiciaire. Dans certains cas, ces agressions ont conduit à des blessures graves, et parfois à des décès tragiques.
Bien que le contrat sur TikTok n'ait pas été exécuté, la vice-procureur a requis une peine de quatre ans de prison, insistant sur l'absence de prise de conscience de la gravité des faits de Jambart.
Verdict du tribunal
Me Christian Peltier, l'avocat de Jambart, a souligné que toute menace envers un élu ou un magistrat est inacceptable. Cependant, il a contesté les charges, arguant notamment que l'instigation au meurtre requiert une offre faite à un individu spécifique. Le tribunal a finalement relaxé Jambart pour ce délit, mais l'a déclaré coupable pour les menaces de mort et la provocation à commettre un crime, le condamnant à trois ans de prison ferme.
Ce verdict met en lumière les défis croissants auxquels sont confrontés les magistrats, un problème qui mérite une attention particulière dans la société actuelle.







