L'opérateur de télécommunications Orange a pris la décision marquante de déménager son secteur tertiaire, précédemment situé dans le quartier de Saint-Mauront à Marseille. Cette mesure fait suite à une augmentation alarmante de l'insécurité dans la zone, marquée par des incidents de violence et des activités de trafic de stupéfiants, rapportent plusieurs médias, dont La Provence.
Lors d'un Comité Social et Économique (CSE) extraordinaire, les représentants d'Orange ont annoncé que les employés concernés continueront à travailler en télétravail, au domicile ou dans des espaces de co-working. Les techniciens, quant à eux, seront redéployés ailleurs, notamment sur le boulevard National. Ce choix a été justifié par la nécessité de protéger les employés, après que des coups de feu aient été tirés à proximité du bâtiment en décembre et janvier derniers.
Nadège Poët, déléguée CFE-CGC, a souligné le caractère impératif de cette décision : "C'était la seule option pour garantir la sécurité des salariés. Les impacts de balles auraient pu causer un drame. Aucun employeur ne peut exposer ses collaborateurs à un tel risque".
En déplaçant ses opérations, Orange espère également une éventuelle relocalisation des emplois dans le quartier, lorsque la situation sécuritaire s'améliorera. Cette relocalisation pourrait inclure des services clients, renforçant ainsi l'intégration des travailleurs locaux dans l'économie.
Des experts soulignent que la création d'un environnement de travail sûr est cruciale pour la profitabilité d'une entreprise. Jeremy Lemaire, analyste en ressources humaines, déclare : "Les entreprises doivent prioriser la sécurité de leurs employés pour attirer et retenir les talents". En attendant, la responsabilité de l'entreprise envers ses salariés est mise en avant, notamment dans les interactions avec l'inspection du travail qui a recommandé que les techniciens portent des gilets pare-balle lors de leurs interventions.
Le déménagement d'Orange soulève des interrogations sur l'avenir du quartier Saint-Mauront et ses capacités à se réinventer face à ces défis. Les habitants et les acteurs locaux espèrent qu'une atmosphère apaisée permettra de rétablir un semblant de normalité dans une zone qui a longtemps souffert de problèmes socio-économiques.







