Le tribunal correctionnel d’Évry-Courcouronnes a prononcé son jugement ce vendredi, concluant qu'il n’y avait pas de lien de causalité entre les négligences médicales et le décès d’un jeune homme de 21 ans survenu en 2018 dans la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis. Ce cas suscite de nombreuses interrogations sur la qualité des soins en milieu carcéral.
La procureure avait demandé une peine de deux ans d’emprisonnement ainsi qu’une interdiction d’exercer pendant cinq ans à l’encontre de l'ancien médecin de la prison, jugé pour homicide involontaire après la mort tragique d’un détenu. Ce dernier a été acquitté, une décision que la famille de la victime, Gaël (prénom modifié), a déjà annoncé son intention de contester en appel.
La tragédie s'est produite le 8 avril 2018, lorsque Gaël a perdu la vie après des heures d’agonie dans sa cellule. Le rapport d’autopsie a déterminé qu’il avait succombé à une hémorragie cérébrale causée par une rupture vasculaire, qui n’était pas d’origine traumatique.
Une prise en charge tardive
Selon les éléments de l’affaire, le codétenu de Gaël avait alerté les surveillants en raison de symptômes inquiétants, y compris des maux de tête sévères et des vomissements. Malgré cela, il n'a été transféré à l'unité de soins que plusieurs heures après l'alerte, et dans un état de grande faiblesse.
Lors de l’audience, il a été constaté que Gaël n’avait pas été ausculté par le médecin, ce dernier ayant pensé qu’il ne s’agissait que d’une gastro-entérite. Toutefois, le tribunal a jugé qu’il n'y avait pas de lien entre cette négligence et le décès. La présidente du tribunal a déclaré : « Rien n’indique qu’une prise en charge plus rapide aurait pu sauver sa vie », soutenant son propos par le rapport d’expertise.
Le père de Gaël, contacté en Martinique, a exprimé sa douleur et son indignation : « C’est vraiment une injustice. Un jeune de 21 ans ne devrait pas mourir ainsi, et le médecin est relaxé. Nous allons faire appel. »
Lors de l’audience, le médecin, qui était le seul à gérer les soins pour près de 5 000 détenus ce jour-là, a dû être évacué après avoir montré des signes de malaise. Son avocate a plaidé que les conditions dans les maisons d’arrêt sont souvent précaires, ce qui force les professionnels à un travail de régulation difficile. Cette tragédie met en lumière les défis importants auxquels sont confrontés les systèmes de santé en milieu carcéral, une réalité dénoncée par de nombreux experts, dont le Collectif des Prisonniers en France.







