Une enquête administrative a été ouverte suite au suicide tragique de Camélia, une lycéenne de 17 ans scolarisée à Villeparisis-Mitry-le-Neuf en Seine-et-Marne. Les circonstances de sa mort mettent en lumière le harcèlement scolaire dont elle aurait été victime dans son établissement. Tragiquement, elle avait été convoquée par le proviseur le jour même de son décès.
Ce vendredi 16 janvier, une foule de trois cents élèves s’est réunie pour dénoncer le harcèlement scolaire et rendre hommage à leur camarade disparue. Camélia, scolarisée en classe de terminale, a mis fin à ses jours en se plaçant sur les rails d'un RER, peu après avoir été convoquée par le proviseur.
Selon sa mère, Camélia avait déjà fait état de son mal-être à plusieurs reprises. Sa voisine se souvient de leurs échanges : "Elle me racontait des disputes qu'elle avait au lycée, des filles qui la harcelaient. J'essayais de la rassurer en lui conseillant d'en parler à l'établissement". Cette situation soulève des inquiétudes quant à la gestion des cas de harcèlement dans les écoles.
Le proviseur a affirmé avoir pris des mesures en convoquant les élèves impliqués avant le suicide, mais la famille de Camélia dénonce un manque de soutien approprié lors de cette rencontre. Selon Jean-Baptiste Bladier, procureur de la République de Meaux, "L'entretien avec Camélia a été axé sur sa responsabilité, ce qui a profondément affecté la jeune fille".
Cette tragédie a provoqué une onde de choc parmi les étudiants, qui estiment que "les élèves sont toujours victimes d'une forme de culpabilisation, minimisant leur souffrance". Un appel à une meilleure écoute et une révision des protocoles de gestion des plaintes a été lancé par des élèves en larmes lors de la manifestation.
Édouard Greffray, ministre de l'Éducation nationale, a exprimé son désir de clarifier les événements entourant ce drame. Il a demandé à l'inspection générale d’initier une enquête administrativem afin de faire toute la lumière sur la situation, distincte de l’enquête pénale en cours. "Les rumeurs fusent dans ces circonstances, et il est essentiel d'établir les faits avec précision", a-t-il déclaré.
En attendant les résultats de l’enquête, le rectorat a appelé au calme, alors que les témoignages d'élèves mettent en exergue la nécessité d'un changement dans la manière dont l’établissement traite les incidents de harcèlement.







