Au lendemain des élections présidentielles en Ouganda, le principal leader de l'opposition, Bobi Wine, a été enlevé de son domicile par des militaires. Selon la Plateforme d’Unité Nationale (NUP), son parti, un hélicoptère militaire a atterri sur les lieux et a évacué Wine vers un endroit non divulgué.
Cette opération choquante est survenue après que plusieurs incidents violents aient marqué le processus électoral. D’après des rapports d’observateurs, au moins dix personnes ont perdu la vie durant ces élections, exacerbant les tensions dans le pays. L'opposition accuse le président Yoweri Museveni, au pouvoir depuis quarante ans, d’avoir orchestré une répression brutale. Des témoins affirment que les gardes du corps de Wine ont été agressés lors de son enlèvement, témoignant d'un climat de peur et d'intimidation.
Les résultats préliminaires des élections montrent Museveni en tête avec environ 74 % des voix, tandis que Bobi Wine, de son véritable nom Robert Kyagulanyi, aurait obtenu environ 22 %. Ce dernier, connu pour ses prises de position contre le régime, est surnommé le « président du ghetto » en raison de son origine modeste dans les quartiers défavorisés de Kampala.
Les experts s'interrogent sur l'intégrité du processus électoral, indiquant que les mesures de contrôle imposées par le gouvernement limitent considérablement la capacité de l'opposition à s'exprimer. Selon l’analyste politique Kituuma Rusoke, la situation actuelle « démontre la peur du régime face à l'ascension de Bobi Wine ».
L'internet ayant été coupé avant le scrutin, les citoyens sont maintenant privés de moyens de communication, ce qui accentue les inquiétudes relatives à la transparence des résultats. Bobi Wine, qui avait déjà subi des violences lors des élections précédentes de 2021, dénonce une « intimidation systématique » des forces de sécurité.
Alors que l'Ouganda se dirige vers une crise politique potentiellement explosive, la communauté internationale doit surveiller de près ces événements. L'absence de liberté fondamentale et la répression ouverte suscitent des craintes significatives quant à l'avenir de la démocratie en Ouganda et au bien-être des citoyens. La NUP a appelé au soutien international, affirmant que la situation est alarmante et nécessite une intervention.







