Jean-Marc Morandini, figure bien connue du paysage télévisuel français, conserve sa place à l’antenne de CNews, malgré sa condamnation définitive par la Cour de cassation pour corruption de mineurs. Cette décision, officialisée mercredi dernier, découle d’une série de messages sexuels envoyés à trois adolescents entre 2009 et 2016.
Gérald-Brice Viret, directeur général de Canal +, a justifié ce choix en affirmant que Morandini n’a « pas de contact avec des mineurs » sur CNews depuis un certain temps. Il a affirmé devant l’Association des journalistes médias que, « Jean-Marc Morandini est à l’antenne et il le restera », ce qui soulève des questions éthiques et morales dans un milieu où la responsabilité des médias est de plus en plus scrutée.
La condamnation de Morandini, qui a été prononcée par la cour d’appel de Paris en 2025, lui impose une peine de deux ans de prison avec sursis et une amende de 20 000 euros. En plus, il a été frappé d’une interdiction professionnelle le rendant inéligible à exercer toute activité en lien avec des mineurs, mais il maintient son innocence et envisage de porter son affaire devant la Cour européenne des droits de l’Homme.
Alors que CNews continue de diffuser son émission « Morandini Live », la chaîne assume pleinement ses choix stratégiques. Viret affirme que depuis l’arrivée de Morandini, qui est désormais très actif dans les studios de Paris, la situation a été bien organisée « pour que tout soit fait dans le respect des protocoles ». Ce dernier a également ajouté que l’absence de publicités sur la chaîne ne serait pas concernée par ce choix, car « c’est le public qui décidera. Si les audiences restent fortes, les annonceurs suivront ».
Cette position de Canal + a rapidement suscité des réactions variées dans le milieu médiatique et parmi le public. Des experts soulignent que cette décision pourrait influencer la perception du public envers CNews, et certains journalistes ne cachent pas leur désaccord avec cette stratégie. En effet, lors d'une grève en 2016, la rédaction avait déjà exprimé ses inquiétudes face à l'arrivée de Morandini alors qu'il était en examen.
Alors que Morandini s’implique dans son « combat pour la justice », comme il l’a déclaré, le débat demeure : jusqu'où les médias doivent-ils aller pour maintenir l'audience tout en respectant l’éthique journalistique ? Ce choix de Canal + pourrait bien redéfinir les normes au sein des chaînes d'information en continu.







