« Je n’ai pas dormi pendant deux jours. » Ainsi commence le douloureux témoignage de Benoît Renaut, un survivant dont la vie a basculé à la suite de l’incendie dévastateur de Crans Montana le 1er janvier 2026. Ce drame l’a replongé 30 ans en arrière, lorsqu'une fuite de gaz avait provoqué l’explosion de sa maison dans le Var, le laissant brûlé sur 60 % de son corps.
« À ce moment-là, j’ai préféré sauter par la fenêtre plutôt que de toucher à la poignée de la porte, que je pensais brûlante », se souvient Benoît. Après avoir atterri dans son jardin, son voisin, pensant qu’il était une poutre calcinée, a failli ne pas le reconnaître. « Mon corps n’était qu'une énorme cloque », ajoute-t-il, un souvenir gravé à jamais dans sa mémoire.
La suite de son parcours est marquée par des moments de désespoir et de douleur. Sous l’effet des calmants administrés par le médecin urgentiste, Benoît n’a pas ressenti la douleur immédiate. Cependant, l’arrivée d’un coma artificiel de 45 jours a suivi, dans lequel il était néanmoins conscient des voix et des odeurs familières, sur lesquelles il a réagi sans même s'en rappeler. « Lors de visites de mes proches, j’identifiais mes sœurs à leur parfum, ma partie animale réagissant instinctivement », explique-t-il.
« Après 45 jours de coma, à travers des soins intensifs, j’ai émergé, mais les douleurs se sont intensifiées lors des pansements sans anesthésie », raconte Benoît. Cette période de soins a nécessité des transfusions massives, témoignant de l’expertise et du dévouement du personnel médical, des témoignages que l’on retrouve également dans d’autres cas de grands brûlés en France.
En reconnaissance de l'importance des donneurs de sang, Benoît renforce son message : « À chaque don du sang, je remercie les donneurs, sans eux, je ne serais pas ici aujourd'hui. » Il invite tous à faire ce geste vital, rappelant comment ces dons sauvent des vies.
En outre, Benoît conseille à ceux qui vivent des situations similaires de s'entourer d'experts, notamment d’avocats spécialisés, soulignant qu'il existe des avocats dédiés aux droits des grands brûlés en France, dont les coordonnées peuvent être obtenues via l'association des brûlés de France.







