Le projet ambitieux du château de la Cazine, autrefois plein de promesses, est désormais plongé dans une tourmente judiciaire qui a commencé il y a 16 ans. Ce domaine prestigieux, situé à Noth en Creuse, qui promettait de transformer l'économie locale, a été racheté en 2010 par deux investisseurs britanniques, Robin Barrasford et Alan Bird. Ils avaient annoncé un investissement de 40 millions d'euros pour transformer ce château du XIXᵉ siècle en un complexe hôtelier, spa et terrain de golf, visiblement porteur de nouvelles opportunités d'emploi. Malgré l’ouverture du restaurant étoilé Michelin, les travaux prévus n’ont connu qu’un avancement très limité.
La situation a commencé à se détériorer, les parties essentielles du projet n’ayant jamais été achevées. L'hôtel-restaurant, qui a fonctionné pendant une décennie, a vu sa réputation se ternir avec la perte de son étoile et s’est retrouvé en cessation de paiement, plaçant ses activités en redressement judiciaire en 2016. Des témoignages recueillis par France Bleu indiquent qu'une multitude de fournisseurs ont été laissés dans l'incertitude concernant des créances impayées, un problème qui s’est accrû avec le temps.
En parallèle, des changements de cap dans le projet initial ont engendré encore plus de retards. Les promesses d'un complexe hôtelier de luxe se sont transformées en un chantier à l’abandon depuis 2015. "On a changé le projet", disait à l'époque Robin Barrasford, tentant de justifier des retards de construction. Ceci a amené à un dernier coup dur en 2025 avec la liquidation judiciaire du château annoncée par le tribunal de commerce de Guéret, qui a mis en lumière des dettes fantomatiques envers des créanciers variés.
Ce fiasco a eu des répercussions financières atroces pour la commune de Noth, avec une maire exprimant son inquiétude face à des centaines de milliers d'euros dus à la municipalité pour des taxes impayées. En parallèle, une enquête judiciaire sérieuse a été ouverte, s'accompagnant de perquisitions au sein du château et jusqu'à des arrestations à l'étranger. En mars 2025, les policiers d'Europol se sont rendus sur place et ont découvert des mouvements d'argent suspects associés aux investisseurs, ces derniers étaient désormais sous le coup de soupçons d’escroquerie.
Le château, laissé à l'abandon, est désormais exposé aux aléas du vandalisme. "C'est une partie intégrante de notre patrimoine, et il est difficile de voir un monument qui devrait incarner le progrès tomber en ruines" confie Stéphanie Montagnac, la maire de Noth. Alors que le sort des investisseurs reste incertain et que les enquêtes se poursuivent, la question demeure : quel avenir pour le château de la Cazine, symbole d’espoir déchu ?







