Les récentes escalades de violence entre l'Iran et Israël ont atteint un nouveau sommet dimanche, les autorités iraniennes accusant Washington de préparer une offensive terrestre, malgré des efforts diplomatiques pour mettre fin à un conflit qui dure depuis près de deux mois.
Le conflit, qui a débuté le 28 février avec une attaque américano-israélienne sur la République islamique, a causé des milliers de morts, majoritairement en Iran et au Liban, d'après des estimation officielles. La situation ne montre pas de signe d'apaisement, et les tensions s'intensifient.
Des explosions puissantes ont retenti à Téhéran dimanche soir, rapportent des journalistes de l'AFP. Le ministère de l'Énergie a aussitôt fait état de coupures de courant à la suite d'attaques ciblant des installations électriques.
Israël a signalé avoir touché un site stratégique de production de missiles iraniens, et a intensifié ses frappes sur diverses cibles dans la soirée. Un impact de débris de missile a également été constaté dans un complexe industriel du sud d'Israël, abattu par des tirs des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique iranienne.
- Pakistan se positionne pour des négociations -
Alors que le conflit entraîne une flambée des prix du pétrole due au blocage du détroit d'Ormuz, des initiatives diplomatiques émergent. Le Pakistan a annoncé sa volonté d'accueillir des discussions entre les États-Unis et l'Iran pour parvenir à un règlement durable du conflit.
Ishaq Dar, le ministre pakistanais des Affaires étrangères, a déclaré cette intention après avoir rencontré des homologues saoudiens, égyptiens et turcs à Islamabad. Avec le soutien croissant de l’ONU et de la Chine, le Pakistan espère faciliter des pourparlers significatifs.
De plus, l’entrée possible des rebelles houthis du Yémen, alliés de l’Iran, pourrait compliquer davantage la situation en entravant la navigation dans le détroit de Bab el-Mandeb, une voie maritime cruciale.
Les spéculations sur un déploiement de troupes américaines en Iran se multiplient, avec des sources du Washington Post rapportant que le Pentagone pourrait envisager des opérations terrestres dans un avenir proche. Un navire d'assaut américain, avec environ 3,500 marins et soldats, a récemment rejoint la région.
L'iranien Mohammad Bagher Ghalibaf a dénoncé les intentions américaines en déclarant : "L'ennemi envoie des messages de négociation tout en planifiant secrètement une offensive terrestre." Il a également averti que les forces iraniennes étaient prêtes à riposter.
Mojtaba Khamenei, le nouveau guide suprême, a remercié le peuple irakien pour son soutien face à ce qu'il qualifie "d'agression". Quant aux citoyens iraniens, comme l'indique Farzaneh, une résidente de 62 ans : "Personne ne souhaite vraiment la guerre, qui ne pourrait apporter aucune solution réelle à nos problèmes."
Sur le terrain, l'Iran prend des mesures contre des intérêts américains dans la région. Une récente attaque sur un site militaire au Koweït a blessé dix militaires. Les Gardiens de la Révolution ont émis un ultimatum, mettant en garde contre des représailles contre les universités américaines dans la région si les frappes contre les établissements iraniens ne cessaient pas.
Face à ces tensions croissantes, les universités américaines à Beyrouth et en Jordanie ont pris des mesures de sécurité et ont annoncé le passage à l'enseignement en ligne pour les jours suivants.
Israël, pour sa part, continue de mener des offensives au Liban, intimant à l'armée israélienne d'élargir son contrôle dans le sud du pays, une région où elle lutte contre le Hezbollah, un groupe pro-iranien.







