Le décret publié ce dimanche au Journal officiel officialise les modalités de liquidation de l’Institut national de la consommation (INC), provoquant une onde de choc dans le milieu des médias et de la protection des consommateurs.
En vertu de la loi de finances 2026, l'INC doit être dissous d'ici fin mars, ainsi que le célèbre mensuel 60 millions de consommateurs. Cette décision résulte d'une dégradation significative de la santé financière de l'établissement, comme l'a souligné Franceinfo.
Le ministère du Commerce a désigné un liquidateur pour une période de neuf mois, qui aura pour mission de garantir la continuité de l'activité de presse jusqu'à la recherche d'un repreneur privé. Le décret stipule que le liquidateur aura trois mois pour trouver une solution, avec une possibilité de prolongation, un point souligné par plusieurs experts en droit commercial.
Si aucune cession n'est trouvée, il devra mettre fin aux activités de presse de l'INC, entraînant une vente des actifs isolés, un sort jugé inquiétant par de nombreux observateurs de la presse. Lionel Maugain, membre du syndicat SNME CFDT et journaliste à 60 millions de consommateurs, a exprimé ses préoccupations quant à l'impact de cette liquidation sur les 60 salariés, une question que le décret n'aborde pas.
Il s'est également exprimé sur la nécessité de préserver l'indépendance éditoriale du titre : « Il est crucial que la future propriété ne menace pas l'intégrité du journal », a-t-il déclaré à l'AFP.
Le ministère a insisté sur l’importance de garantir un repreneur d’une valeur inestimable, prêt à respecter l’indépendance de la ligne éditoriale. Ils envisagent des collaborations avec divers acteurs privés ou même une reprise par les salariés. « Vous ne pouvez pas simplement brader un tel héritage médiatique », a commenté un expert des médias sur BFMTV.
La mise en liquidation de l'INC, fondé en 1966 et transformé en établissement public en 1990, devait engendrer des coûts de 8 millions d'euros selon l'État, bien que le syndicat évoque un montant de 11 millions. En 2024, l'INC affichait un déficit de 719 000 euros, mais il a réussi à réaliser un bénéfice de 236 000 euros l'année suivante, comme le rapporte le site Les Echos.
L'avis de la communauté autour de 60 millions de consommateurs est sans équivoque. En décembre dernier, une tribune publiée dans Le Monde avait dénoncé la démarche comme une « mise à mort » d'un titre cher au cœur des Français. L'avenir de ce bastion de l'information sur la consommation reste incertain, mais les appels à une protection renforcée se multiplient.







