Voler plus cher : la taxe de solidarité revient sur les billets d’avion
Depuis mars, la taxe de solidarité sur les billets d’avion (TSBA) a été réintroduite. Destinée à financer l’aide au développement, cette taxe augmentera le prix des billets :
- +7,40 € pour un vol en classe économique au sein de l’Europe,
- +15 € pour une destination intermédiaire,
- +40 € pour les longs-courriers,
- Et jusqu’à +120 € pour les destinations lointaines en classe affaire.
Ce retour de la TSBA, en conjonction avec le trafic aérien en plein essor, devrait rapporter environ 800 millions d’euros à l’État, selon les prévisions de l’Insee.
Sodas et jeux : des loisirs de plus en plus fiscalisés
Le gouvernement s’attaque à la consommation excessive de sucre en relevant la taxe sur les boissons sucrées. Celle-ci augmentera progressivement en fonction du taux de sucre :
- De 4 à 35 centimes par litre selon la teneur en sucre.
- À titre d’exemple, un soda très sucré pourrait maintenant être taxé à 30 centimes par litre.
Cette mesure vise non seulement à réduire la consommation de boissons sucrées, mais aussi à soutenir la Sécurité sociale grâce aux recettes générées.
Dans le même temps, une hausse de la fiscalité sur les jeux d’argent s’annonce, avec un taux de prélèvement qui passera au 1er juillet 2025 de 11,2 % à 11,9 %. Cette augmentation devrait rapporter 300 millions d’euros supplémentaires à l’État.
Automobile : malus plus sévère, bonus raboté
Le secteur automobile n’échappe pas à l’augmentation fiscale. Depuis mars, le malus écologique a été renforcé :
- Le plafond maximum de malus passe de 60 000 à 70 000 € pour les véhicules les plus polluants.
- Le seuil de déclenchement de la surtaxe est abaissé de 118 à 113 g de CO₂/km.
Ces changements devraient générer 300 millions d’euros de recettes supplémentaires, touchant principalement les conducteurs qui ne peuvent pas se tourner vers des options électriques.
En outre, le bonus écologique pour l’achat de véhicules propres a été réduit d’environ 500 millions d’euros depuis décembre 2024, rendant l’accès à ces voitures plus difficile pour les foyers modestes.
Immobilier : des frais de notaire en hausse à l’initiative des collectivités
Une mesure moins médiatisée, mais potentiellement onéreuse, permet aux collectivités locales d’augmenter les droits de mutation à titre onéreux (DMTO), c'est-à-dire les frais de notaire lors de ventes immobilières. Cette augmentation, limitée à 0,5 point, pourrait générer jusqu’à 800 millions d’euros supplémentaires selon l’Insee.
Récapitulatif des hausses fiscales annoncées pour 2025
| Domaine concerné | Mesure fiscale appliquée | Impact estimé |
|---|---|---|
| Billets d’avion | Retour de la taxe de solidarité (TSBA) | +7,40 € à +120 € par billet |
| Boissons sucrées | Hausse progressive selon le taux de sucre (4 à 35 ct/L) | Jusqu’à +30 ct/L pour certains |
| Jeux d’argent | Hausse du taux de prélèvement de 11,2 % à 11,9 % | +300 millions d’€ pour l’État |
| Voitures polluantes | Malus relevé à 70 000 €, seuil abaissé à 113 g CO₂/km | +300 millions d’€ pour l’État |
| Véhicules électriques | Réduction de l’aide à l’achat | -500 millions d’€ d’aides |
| Immobilier | Majoration locale possible des droits de mutation (+0,5 pt) | +800 millions d’€ pour les collectivités |
Un prélèvement ciblé, mais diffus
Ces nouvelles mesures fiscales visent des postes de consommation identifiés comme évitables, tels que les transports aériens, les boissons sucrées ou les jeux. Cependant, elles touchent également à des besoins essentiels, comme la mobilité et le logement.
Le risque est que la multiplication de ces taxes fragilise le budget des ménages vulnérables, ceux qui n’ont pas la possibilité de renoncer à certains loisirs ou de reporter des achat. Alors que le pouvoir d’achat demeure la préoccupation centrale des Français, cette fiscalité sournoise et continue risque d’alourdir encore plus leur quotidien.







