Malgré les promesses des acteurs sociaux, la revalorisation salariale des aides à domicile est à l'arrêt. L'État a transféré cette responsabilité aux départements, dont les budgets sont déjà serrés. Les employeurs de la Somme, inquiets, se tournent vers l'avenir, alors que 300 000 aides devront être recrutées d'ici 2030 en France.
Aides à domicile : enjeux et chiffres clés : la Fédération de l'aide et du soin à domicile alerte sur la nécessité d'augmenter le nombre d'aides à domicile dans un contexte où les salaires stagnent. Historiquement, ces femmes, qui s'illustrent par leur dévouement, accompagnent quotidiennement des individus malades ou âgés, rendant parfois visite aux plus solitaires, trop souvent oubliés.
Bien que les partenaires sociaux aient convenu d'une augmentation de 64 euros bruts en octobre dernier, cette augmentation a été gelée suite à une récente réunion où l'État a exposé son impossibilité de débloquer des fonds supplémentaires. Avec un délai de quatre mois pour trancher sur ce dossier épineux, la situation reste floue, plongeant les employeurs de la Somme dans l'incertitude.
Des auxiliaires de vie en pénurie
Chez Valloires Domicile, qui emploie 80 auxiliaires dans le recouvrement du Ponthieu-Marquenterre, chaque salarié rencontre une quinzaine de bénéficiaires par jour pour un salaire déjà très près du SMIC, voire en dessous. Marie-Charlotte Thueux, la directrice, souligne que beaucoup de ses employées sont contraintes de multiplier les activités pour joindre les deux bouts.
Cette organisation, qui opère dans 42 communes, n’a pas les capacités financières d'augmenter les salaires ou d'offrir des primes d’essence aux auxiliaires. Cela entraîne une réorganisation des missions : "Nous avons choisi de sectoriser notre intervention sur des zones de 5 à 10 kilomètres pour limiter les déplacements, mais si la situation ne change pas, des heures d'aide devront être supprimées", s’inquiète la directrice, qui exprime son "anxiété" face à l'avenir du secteur.
Recrutement en péril : un avenir incertain
Face à un besoin croissant de personnel, comment garantir le recrutement de 300 000 aides à domicile d'ici 2030 en l'absence d'une revalorisation salariale ? Annie Hincelin, directrice de la DMR, interpelle sur l’urgence de cette question : "Nous avons besoin d'assistance au petit matin pour aider les personnes âgées, un moment crucial pour beaucoup de familles. La charge de travail s’étend au cours de la journée, ce qui rend la situation encore plus délicate".
Cette précarité salariale amène même à des réflexions pour équilibrer les rémunérations. Hincelin mentionne : "Nous prenons en compte divers facteurs, comme l'ancienneté et les spécificités des missions, mais la majorité de nos grilles salariales demeurent en dessous du SMIC. Ces personnes doivent être valorisées pour le travail crucial qu'elles effectuent".
Malgré les promesses d’augmentation de budget du Conseil Départemental de la Somme, qui a déjà été sensibilisé à ces enjeux lors des trois Ségurs successifs, la mise en œuvre de solutions adéquates semble toujours floue. Une augmentation budgétaire de deux millions d'euros pour l'autonomie et les personnes âgées est prévue, mais cela sera-t-il suffisant ? À suivre.







