Ce jeudi 26 mars, lors des Assises du made in France organisées par la CGT, l’Humanité s'intéresse aux initiatives syndicales pour contrer la désindustrialisation. A Commentry, dans l'Allier, les salariés d'Erasteel s'organisent pour sauver leur site de recyclage de batteries.
Le 3 novembre 2025, un coup dur a frappé les travailleurs de l'usine. La direction a annoncé la suppression de 190 des 240 postes, aggravant ainsi la situation économique dans cette ville de 6 000 habitants déjà durement touchée par la désindustrialisation. « Dès l'annonce, nous avons mobilisé toutes nos ressources pour sauver les emplois », déclare Laurent Indrusiak, représentant de l'union départementale CGT.
Malgré des actions revendicatives, telles que des mobilisations et des réunions avec des représentants du ministère de l'Économie, la solution pourrait émaner directement des travailleurs eux-mêmes. Une coalition formée par l'ensemble des syndicats (CGT, FO, CFE-CGC) a récemment proposé un projet de reprise sous forme de Société Coopérative d'Intérêt Collectif (SCIC).
A l'heure actuelle, Commentry se distingue par trois activités principales : la tréfilerie, la production de lingots d'acier rapide pour les outils de coupe et, plus récemment, le recyclage de piles et de batteries. « Nos salariés estiment que les débouchés pour l'acier rapide sont limités, mais veulent définitivement renforcer l’activité de recyclage », ajoute Indrusiak.
Cependant, pour donner vie à ce projet ambitieux, il manque environ 4 millions d'euros pour moderniser l'outil de production et pérenniser 150 emplois. Selon la CGT, cet investissement pourrait être remboursé en dix-huit mois, mais l’État et la région Auvergne-Rhône-Alpes restent réticents à apporter leur soutien financier. « Si aucun industriel ne se manifeste, l'État devrait envisager d'intervenir », suggère Indrusiak, qui précise que les salariés sont déterminés à se battre pour conserver leur usine, une fierté locale fondée en 1846.







