Depuis le début des tensions causées par les frappes américano-israéliennes contre l'Iran le 28 février, le détroit d'Ormuz, une artère vitale du commerce maritime, a vu son trafic chuter dramatiquement. D'après les données de la société d'analyse Kpler, seuls quelques cargos et pétroliers, majoritairement iraniens, ont pu passer.
- Chute de 95% du trafic maritime
Entre le 1er et le 21 mars, seulement 124 traversées ont été recensées, marquant une baisse alarmante de 95% par rapport aux périodes de paix. Parmi ces traversées, 75 étaient effectuées par des pétroliers, la majorité se dirigeant vers l'Est.
Richard Meade, rédacteur en chef de Lloyd's List, a souligné lors d'une conférence de presse : "Le trafic est principalement assuré par des vraquiers, des pétroliers et des porte-conteneurs. Cependant, nous avons constaté une légère remontée du nombre de méthaniers circulant la semaine dernière".
- Contexte des navires en circulation
La majorité des navires traversant le détroit portent des pavillons iraniens, tandis que les navires grecs et chinois représentent respectivement 18% et 10% des traversées. Richard Meade a précisé : "Bien que l'Iran continue d’exporter son pétrole, la circulation maritime reste largement paralysée".
- Les enjeux des sanctions
Une analyse de l'AFP indique qu'environ 40% des navires en transit sont sous sanctions américaines, européennes ou britanniques, ce qui complique encore davantage la situation. Plus de la moitié des pétroliers sont concernés par ces mesures restrictives.
- Pétrole destiné à l'Asie
Selon un rapport de JPMorgan, la majeure partie du pétrole transitant par le détroit est destinée à l'Asie, en particulier à la Chine. Cichen Shen de Lloyd's List a découvert des preuves suggérant que les autorités chinoises élaboraient un plan pour permettre à leurs grands pétroliers, bloqués, de retrouver la liberté de navigation.
- Un transit encadré
Des sources, comme le cabinet de conseil maritime Clarksons, affirment que certains navires, y compris ceux en provenance d'Inde et du Pakistan, transitent avec l'approbationiranienne, empruntant des routes plus proches des côtes iraniennes. Richard Meade a ajouté : "Différents gouvernements, dont ceux de la Chine, de l'Inde et du Pakistan, dialoguent directement avec Téhéran pour coordonner les transits".
Enfin, Lloyd's List a signalé qu'au moins neuf navires ont emprunté un "couloir" approuvé par l'Iran près de l'île de Larak, pour inspection par les autorités iraniennes. La situation demeure imprévisible, mais les discussions entre diverses nations et l'Iran soulignent l'importance stratégique de cette voie maritime en période de conflit.







