Le Département de la Somme a annoncé un budget prévisionnel pour 2026 de 120 millions d'euros, un montant sans précédent. Ce niveau élevé d'investissements est en partie rendu possible grâce à un fonds de sauvegarde versé par l'État cette année. Les secteurs de l'enfance et de l'autonomie bénéficieront d'une attention particulière, avec des augmentations budgétaires significatives.
Ce lundi matin, les élus du Conseil départemental se sont réunis pour une session dédiée au débat d'orientation budgétaire 2026. Malgré un contexte national incertain, la majorité insiste sur la prudence de leur proposition. Les dépenses devraient augmenter d'environ 3 %, atteignant 674,3 millions d'euros, tandis que les recettes sont projetées à 720 millions, soit une hausse de 5 % par rapport à l'année précédente. L'épargne brute a également connu une hausse, atteignant 45 millions d'euros, marquant une progression de plus de 15 millions en un an.
Un investissement record pour l'infrastructure et l'autonomie
Ces nouveaux fonds permettront d'améliorer des infrastructures essentielles. Ainsi, une partie des investissements sera affectée à l'entretien des routes départementales et à la réhabilitation des bâtiments. Des travaux majeurs sont également prévus dans les collèges d'Oisemont et de Rosa Parks, situés dans le quartier Étouvie à Amiens. Le conseil prévoit d'injecter 2 millions d'euros supplémentaires pour soutenir le budget de l'autonomie, et près de 3,5 millions pour l'enfance, face à une augmentation des jeunes sous la tutelle du département, qui s'élèvent désormais à près de 2 100.
Cette capacité à investir repose sur une gestion assidue des finances publiques depuis une décennie, selon la présidence du Département. De plus, plusieurs versements inattendus de l'État, comme la taxe sur les conventions d'assurance et les droits de mutation, ainsi que le crucial fonds de sauvegarde, qui atteindra 7,6 millions d'euros en 2026, contribuent à cette dynamique financière. Le budget final sera soumis au vote les 7 et 8 avril prochains.
Des défis à relever : la situation sociale en suspens
Au-delà de ces avancées, des préoccupations subsistent. En juin 2025, plusieurs départements, dont la Somme et l'Oise, avaient déjà exprimé leur alerte concernant le manque de compensations étatiques pour le financement des minima sociaux tels que le RSA et l'Allocation personnalisée pour l'Autonomie. Interrogée sur cette question, Christelle Hiver, présidente du Département, a déclaré que la situation est toujours préoccupante. Elle souligne l'absence d'un modèle de financement durable pour les services de secours, tout en affirmant que les dépenses sociales continuent de croître sans compensation adéquate de l'État.
Elle a exprimé ses inquiétudes : "Nous n'avons pas été consultés sur les augmentations du RSA, alors que c'est le budget des départements qui en souffre. Je ne critique pas les revalorisations, mais il est essentiel que nous soyons impliqués dans ces décisions". La présidente espère qu'une meilleure communication entre l'État et les départements se mettra en place pour gérer ces défis.







