Coup de théâtre à l’Assemblée nationale. La proposition de loi présentée par Caroline Yadan, visant à lutter contre les formes persistantes d'antisémitisme, a été retirée le 16 avril, juste avant son examen en séance plénière. En réponse, le gouvernement envisage de réintroduire ces mesures sous la forme d'un nouveau projet de loi.
Le Palais-Bourbon a été le théâtre d'un retournement de situation inattendu. Initialement, l'Assemblée nationale devait examiner, les 16 et 17 avril 2026, la loi de Caroline Yadan, visant à renforcer la répression des infractions liées à l'apologie du terrorisme. Ce projet controversé avait suscité des réactions nombreuses et avait été à l'origine d'une pétition récoltant plus de 707 957 signatures contre lui. Jeudi matin, l'hémicycle avait voté son classement, rejetant ainsi le texte avec 30 voix pour et 21 contre.
Cependant, le lendemain, le groupe Ensemble pour la République (EPR) a annoncé le retrait de cette proposition, selon des informations rapportées par Franceinfo. Un communiqué sur les réseaux sociaux a affirmé que cette décision est le résultat d'"un jeu d'obstruction manifeste" de La France insoumise (LFI), qui s'oppose fermement à la loi. "Face à cela, il est clair que le texte ne pourra pas être examiné au cours de cette semaine," a-t-on pu lire. Par conséquent, le gouvernement dirigé par Sébastien Lecornu s'engage à proposer un projet de loi qui incorporera toutes les mesures de la proposition initiale, à présenter la semaine du 22 juin 2026 au Sénat.
"Victoire !" s'est réjouie Caroline Yadan sur X. La députée, également avocate, a affirmé que l'opposition de LFI a, paradoxalement, renforcé sa détermination à voir ce texte devenir une réalité législative.
Une proposition "liberticide" ?
Les critiques de gauche, comme Gabrielle Cathala de La France insoumise, qualifient la loi de "liberticide". Elle a ainsi dénoncé le classement du texte, le comparant à "un crachat au visage des 700 000 signataires de la pétition". La députée du Val-d’Oise a également mis en garde contre l'amalgame entre critique d'Israël et antisémitisme, arguant que cela vise à faire taire les voix soutenant la cause palestinienne.







