Ce jeudi, Stellantis a révélé que cette somme astronomique représente un coup dur pour le groupe, qui subit des défis croissants sur le marché automobile mondial. À titre de comparaison, la seule entreprise française ayant connu une perte plus importante est Vivendi, qui avait enregistré une perte de 23,3 milliards d'euros en 2002, selon l'Agence France-Presse (AFP).
Parmi d'autres pertes marquantes, France Télécom a annoncé une perte de 20,7 milliards d'euros la même année. Dans le secteur de l'énergie, EDF a également affiché une perte significative de 17,9 milliards d'euros en 2022.
Sur le plan mondial, cette perte de Stellantis se classe parmi les plus importantes dans l'histoire de l'industrie automobile, soulignant une tendance inquiétante. En effet, le précédent record est détenu par General Motors avec une perte de 38,7 milliards de dollars pour l'exercice 2007, équivalent à environ 52,4 milliards d'euros en tenant compte de l'inflation, représentant des difficultés majeures liées à des charges comptables massives comme l'a expliqué un expert de l'industrie.
Le tristement célèbre record de General Motors
La perte de GM en 2007 était principalement due à une charge comptable exceptionnelle liée à des crédits d'impôt non réalisés, causant une restructuration que la société n'était pas préparée à affronter dans le cadre de la crise des subprimes qui suivait.
Un secteur en pleine tourmente
En regardant au-delà de Stellantis, d'autres acteurs comme Ford ont également souffert, enregistrant 12,7 milliards de dollars de perte en 2006, en conséquence d'une restructuration majeure connue sous le nom de "Way Forward" face à une baisse significative de ses parts de marché aux États-Unis. Dans les coulisses, des tensions liées à la gestion des coûts et à la concurrence internationale, notamment avec des marques japonaises comme Toyota, pèsent sur les grands constructeurs.
Chrysler, quant à lui, a dû faire face à une perte colossale de 8 milliards de dollars en 2008, une situation résultant de la crise financière qui a conduit à sa restructuration sous le chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites, transformant ainsi l'urgence en une opportunité de se rapprocher de Fiat.
Du côté de Renault, 2020 a également été une année éprouvante, avec une perte de 8 milliards d'euros, ajoutant ainsi des défis supplémentaires à un secteur déjà en difficulté face à la pandémie de Covid-19.
Alors que Stellantis s'engage dans une route semée d'embûches, l'avenir de l'industrie automobile européenne reste incertain. Les experts suggèrent une analyse approfondie de la stratégie de l'entreprise pour surmonter cette crise, mais les défis structurels perdurent.







