Le 27 février 2026, un tribunal du Dakota du Nord a ordonné à Greenpeace de payer 345 millions de dollars à l'enseigne Energy Transfer, responsable d'un oléoduc en proie à des manifestations massives. Selon Ouest-France, ce jugement sans précédent pourrait menacer l'existence même de l'organisation emblématique de la protection de l'environnement, qui accuse les géants pétroliers de vouloir la réduire au silence.
« Cela représente un coup dur... non seulement pour Greenpeace, mais pour le mouvement environnemental mondial dans son ensemble », déclare Michael Gerrard, professeur de droit à l'université Columbia, dans un entretien avec l'AFP.
Le jugement fait suite à une décision précédente d'un jury en mars 2025, qui avait déjà tenu Greenpeace responsable de divers actes d'accusation, dont la diffamation et la perturbation des opérations d'Energy Transfer. Initialement, l'indemnisation réclamée avait dépassé 665 millions de dollars, un montant depuis réduit par le juge, mais qui reste colossal.
« Loin d’être terminé »
Energy Transfer a accusé Greenpeace d’avoir incité des manifestations en 2016 et 2017. L’organisation, en collaboration avec des groupes autochtones, avait tenté d'empêcher la construction d'une section de l'oléoduc à travers des terres considérées comme sacrées, menaçant des ressources en eau, rapporte Ouest-France.
Kristin Casper, de Greenpeace International, a affirmé : « Cette bataille juridique est loin d’être terminée. Nous envisagerons de faire appel de cette décision devant la Cour suprême du Dakota du Nord. » Elle a également souligné que l'ONG ne peut pas se permettre de payer une telle somme, indiquant que des procédures d'intimidation comme celle-ci ne freineront jamais la lutte pour la justice environnementale.
Ce cas soulève des inquiétudes parmi les défenseurs des droits humains, qui voient dans cette décision une menace à la liberté d'expression des activistes. Allie Rosenbluth d'Oil Change International a réagi : « Ces pressions judiciaires ne dissuaderont pas ceux qui s'opposent aux grandes compagnies pétrolières. »
Les manifestations contre le Dakota Access Pipeline avaient entraîné d'importantes perturbations, avec des centaines d'arrestations et de blessés, mais ces événements n'ont pas arrêté la pression sur les entreprises pétrolières. Les Sioux de Standing Rock, qui rejettent fermement ce projet, continuent de revendiquer leur droit à la protection de leur terre et de leurs ressources.
Par ailleurs, Greenpeace envisage de porter plainte contre Energy Transfer aux Pays-Bas, se basant sur une législation européenne visant à lutter contre les procédures judiciaires abusives. Elle demande notamment une compensation pour les frais consacrés à ses nombreuses batailles judiciaires, selon des sources médiatiques locales.







