L'Inde a annoncé, lors du sommet international sur l'intelligence artificielle (IA), qu'elle envisageait de réguler l'accès des mineurs aux réseaux sociaux. Cette initiative vise à s'aligner sur les mesures prises dans d'autres pays et à protéger les jeunes utilisateurs des dangers potentiels d'internet.
Ashwini Vaishnaw, ministre indien des Technologies de l'information, a déclaré qu'ils étaient en discussion avec les principales plateformes pour envisager l'interdiction d'accès pour les enfants. "Nous discutons des contenus inappropriés et des restrictions d'âge pour protéger nos jeunes," a-t-il affirmé.
L'Australie, par exemple, a récemment ordonné à TikTok, YouTube et Snapchat de fermer les comptes des utilisateurs de moins de 16 ans. De même, la France a franchi un pas en adoptant une législation interdisant l'accès aux moins de 15 ans, un élan que l'Inde s'apprête à suivre, comme l'indiquent les projets de plusieurs États fédérés.
En décembre dernier, l'État de Goa a déjà annoncé sa volonté de lutter contre les abus en ligne visant les mineurs. De plus, le gouvernement indien a récemment intégré dans son projet de loi budgétaire une proposition visant à réglementer les technologies d'accès aux écrans, une démarche saluée par plusieurs experts, qui notent l'accroissement de la vulnérabilité des jeunes face à l'usage compulsif.
Le pays, qui compte près d'un milliard d'internautes, entend également relancer l'encadrement des outils d'IA sur les réseaux sociaux. À partir de ce vendredi, les plateformes seront désormais tenues de retirer les contenus signalés dans un délai de trois heures, une amélioration significative par rapport aux 36 heures précédentes.
"Nous devons mettre en place des règles strictes face à la prolifération de contenus trompeurs," a déclaré M. Vaishnaw, tout en précisant que la protection des enfants et de la société au sens large devait passer par des mesures adaptées. Toutefois, cette initiative suscite des inquiétudes parmi les défenseurs des libertés numériques, qui craignent une censure accrue.
À part les régulations, l'Inde a annoncé qu'elle ambitionne d'attirer près de 200 milliards de dollars d'investissements dans le secteur technologique au cours des deux prochaines années, notamment dans l'IA. Cette aspiration inclut déjà 90 milliards de dollars d'engagements annoncés l'année dernière pour construire des centres de données et de recherche par des géants tels que Google et Microsoft, attirés par le réservoir de talents compétents et économiques.
Gautam Adani, un des industriels les plus riches du pays, a également déclaré qu'il investirait 100 milliards dans des infrastructures dédiées à l'IA d'ici 2025, à ce plan s’ajoutent 150 milliards destinés aux technologies liées.
Malgré ces avancées, des experts estiment que l'Inde doit encore surmonter des défis majeurs avant de rivaliser avec les États-Unis et la Chine. Dans le classement mondial de la compétitivité en matière d'IA établi par l'université de Stanford, l'Inde se positionne à la troisième place, juste derrière ces deux puissances.
Ce sommet, qui se déroule jusqu'à vendredi, réunit les acteurs majeurs du secteur. Une quinzaine de chefs d'État et de gouvernement se joindront au Premier ministre indien Narendra Modi pour aborder ces questions cruciales.







