L'Allemagne, bien qu'elle soit sortie d'une période de récession, affiche une croissance économique moribonde, prévue à 1 % pour 2026. Cela souligne les difficultés persistantes du pays, comme l'indique la Chambre de commerce et d'industrie allemande (DIHK), qui exhorte le gouvernement de Friedrich Merz à adopter des réformes économiques significatives.
Helena Melnikov, la directrice générale de la DIHK, a déclaré : "C'est trop peu ; nos concurrents sont plus dynamiques". Ces inquiétudes reflètent un consensus croissant sur la nécessité de déréguler certaines industries et de réduire les coûts de l'énergie, en réponse à un tableau économique préoccupant.
En effet, l'économie allemande, qui dominait le paysage européen, peine à retrouver le dynamisme des années 2010. Bien que l'indice du climat des affaires ait légèrement augmenté à 95,9 points, il reste nettement en deçà de sa moyenne historique de 110 points. "Avec le frein à main enclenché, nous ne sortirons pas de la vallée", a averti Melnikov, plaidant pour une bureaucratie simplifiée et des coûts de main-d'œuvre plus compétitifs.
Les entreprises sont en grande partie préoccupées par la faiblesse de la demande intérieure, qui frôle les 59 % des préoccupations exprimées. Ce phénomène est aggravé par une série de facteurs, dont l'incertitude politique et les prix élevés de l'énergie et des matières premières. Un sentiment alarmant prévaut, avec seulement 23 % des entreprises prévoyant d'augmenter leurs investissements.
Un retournement majeur pour l’Allemagne
Les exportations allemandes, qui représentaient jadis un axe majeur de la croissance, sont en déclin. Selon un rapport du Rhodium Group, les expéditions vers la Chine ont chuté de 9,3 % en 2025, atteignant leur plus bas niveau en dix ans, principalement à cause de la réduction marquée des exportations automobiles.
"La forte diminution des exportations de voitures allemandes vers la Chine, en baisse de 66 % entre 2022 et 2025, a particulièrement contribué à cette tendance", précisent les chercheurs.
Face à cette réalité, l'Allemagne doit désormais compter davantage sur son marché intérieur. Le gouvernement espère une relance grâce à un plan d'investissement ambitieux, qui devrait, selon l'économiste Niklas Garnadt de Goldman Sachs Research, stimuler la demande intérieure de manière significative.







