Dirigé par Slawomir Krupa, le groupe a réagi avec force pour corriger sa trajectoire. Ce jeudi, il a annoncé une restructuration entraînant la suppression de 1 800 postes, sans licenciements contraints.
Autrefois boudée par les investisseurs, Société générale a su redorer son blason. En un an, son action a enregistré une hausse impressionnante de plus de 140%, surpassant largement ses rivaux européens. Depuis mai 2023, date de l'arrivée de Slawomir Krupa, la valeur de l'action a même grimpé de plus de 210%, atteignant 70 euros, un tarif non vu depuis 2008.
Avec cette flambée, Société générale se voit désormais valorisée à près de 54 milliards d'euros à la Bourse, consolidant sa position en tant que deuxième banque française, juste derrière BNP Paribas (97,75 milliards d'euros) et devant Crédit Agricole (52,6 milliards d'euros). L’inquiétude des investisseurs quant à une potentielle prise de contrôle semble s'être dissipée.
Les analystes apprécient la nouvelle stratégie de Krupa, qui a su remettre sur pied la Société générale. Son objectif étant de renforcer les fonds propres pour stabiliser et accroître la rentabilité, ce qui passe par une rationalisation des activités et des cessions d'actifs non stratégiques, notamment des filiales en Afrique et en Suisse, et la vente de SGEF, spécialisée dans le financement de biens d'équipement, au groupe BPCE.
Pour améliorer la rentabilité, des réductions de coûts étaient inévitables. En 2023, Krupa a annoncé l’objectif ambitieux de réduire le coefficient d'exploitation (rapports entre coûts et revenus) de 73 % à 60 % d'ici 2026. Dans ce contexte, Société générale, qui emploie environ 40 000 collaborateurs en France, a prévu une nouvelle réorganisation avec 1 800 départs à la fin 2027, appuyée sur des «départs naturels» et la mobilité interne.
Précédemment, début 2024, la banque avait déjà prévu de supprimer environ 900 postes au siège, «sans départs contraints». Ces coupes s'inscrivent dans le cadre des 3 700 postes à réduire entre 2023 et 2025, suite à la fusion des réseaux Société générale et Crédit du Nord.
Le plan de Krupa porte ses fruits, affichant un bénéfice de 4,6 milliards d'euros lors des neuf premiers mois de 2025, soit une hausse de 45 % par rapport à la même période en 2024.
Fort de ces résultats, Société générale souhaite dorloter ses investisseurs. À l'automne, elle a annoncé un plan de rachat d'actions d'un milliard d'euros, après avoir mis en place un programme similaire fin juillet 2025. De quoi dynamiser encore davantage son action en Bourse.







