La semaine prochaine, Donald Trump sera sous les feux des projecteurs au Forum économique mondial à Davos, en Suisse, un événement clé pour le multilatéralisme et le libre-échange qu’il a souvent remis en question depuis son retour au pouvoir. Les tensions commerciales et géopolitiques sont attendues pour marquer cette édition.
Un an après son ascension à la présidence des États-Unis pour un second mandat, Trump se présentera avec un impressionnant cortège, la plus grande délégation américaine jamais envoyée à Davos. Cette équipe comprendra des figures influentes telles que le secrétaire d'État Marco Rubio, le secrétaire au Trésor Scott Bessent et des leaders d'entreprises comme Nvidia et Microsoft.
Ce forum rassemble traditionellement des élites politiques et économiques, mais le patron du WEF, Borge Brende, a noté que cette édition se déroule dans un contexte géopolitique particulièrement complexe, synonyme de tensions accrues depuis 1945. Les sujets brûlants incluront des discussions sur l'Iran, Gaza, l'Ukraine et le Venezuela.
La Chine, deuxième économie mondiale, apportera sa propre force avec une importante délégation menée par le vice-Premier ministre He Lifeng. D'autres nations d'Afrique, d'Amérique latine et du Moyen-Orient seront également représentées.
Après des mesures protectionnistes entreprises par les États-Unis, la venue de Trump ne pourrait pas arriver à un moment plus critique, et de nombreux analystes, comme Karen Harris de Bain & Company, prédisent que 2025 pourrait être marquée comme l’année où le néolibéralisme a pris fin, entrant dans une ère post-mondialisation. Harris indique que l'approche américaine évolue vers une priorité donnée à la sécurité nationale au détriment d'un système économique mondial ouvert.
Le retrait récent des États-Unis de nombreuses organisations, y compris plusieurs liées à l’ONU, souligne ce virage. Philippe Dauba-Pantanacce de Standard Chartered a évoqué un paysage commercial où les États-Unis pourraient être de plus en plus absents, alors que l’Europe et la Chine continuent de renforcer leurs liens commerciaux.
Lors du Forum de 2025, Trump avait déjà menacé les entreprises de taxes si elles ne produisaient pas sur le sol américain. Pascal Lamy, ancien directeur général de l’OMC, a commenté que l'impact de ces politiques sur l'économie globale reste limité jusqu'à présent.
Cette année, le Forum de Davos propose un thème ambitieux : "l'esprit de dialogue". Avec plus de 850 dirigeants d'entreprise et 64 chefs d'État, l'événement attire un nombre record de participants venant de 130 pays. Parmi les figures notables, on retrouvera le président ukrainien Volodymyr Zelensky, ainsi que plusieurs leaders du G7 et Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne.
Borge Brende a souligné que "le dialogue n'est pas un luxe, mais une nécessité", en incitant les dirigeants à trouver des solutions collaboratives dans un monde de plus en plus polarisé.







