Le conflit entre les agriculteurs des Hautes-Alpes et le gouvernement devient de plus en plus palpable. Le 6 janvier 2026, le syndicat des Jeunes Agriculteurs a interpellé le Premier ministre, Sébastien Lecornu, réagissant aux promesses formulées dans une lettre ouverte le 4 janvier. Alors que des mesures avaient été évoquées pour simplifier les normes et maîtriser les importations, la question brûlante de la prédation du loup demeure un sujet sensible et négligé.
Les Jeunes Agriculteurs, qui ont réagi avec inquiétude à la lettre du Premier ministre, ont exprimé leur frustration face à l'absence de réponses concrètes sur la protection de leurs troupeaux. Selon leurs déclarations, après avoir sollicité les élus des Hautes-Alpes fin novembre 2025, ils demeurent sans retour clair de la part du gouvernement. "Nous avons multiplié les rencontres avec les services de l’État, mais notre appel à l’action reste inassouvi", ont-ils déploré dans un communiqué.
Les ravages causés par la recrudescence du loup sont réels, comme le soulignent plusieurs sources d'information, y compris Le Monde, qui rapportent des pertes significatives pour les éleveurs. En réponse à cette crise, les Jeunes Agriculteurs insistent sur l'urgence de revoir les méthodes de comptage des loups, de supprimer le seuil de prélèvement de 19 % et d'autoriser l'utilisation de lunettes de tir à vision thermique, même durant la nuit.
En outre, ils appellent à définir un statut légal clair pour les chiens de protection placés sous la responsabilité de l'État, afin que les éleveurs puissent bénéficier de mesures de protection adaptées pour toutes leurs bêtes, en particulier les bovins, qui ne sont pas suffisamment couvertes par les réglementations actuelles.
La situation des agriculteurs dans les Hautes-Alpes devrait, selon les experts, non seulement faire l’objet d’un suivi attentif par les pouvoirs publics, mais également être intégrée dans une réflexion plus large sur la coexistence entre faune sauvage et activité agricole. L’enjeu est non seulement économique, mais implique également des considérations éthiques et environnementales cruciales. La voix des agriculteurs, souligne un expert de l'agriculture durable cité par L'Équipe, doit être écoutée, sinon le dialogue avec le gouvernement risque de se transformer en confrontation directe.







