Ce jeudi, la Bourse de Paris évolue dans une atmosphère de prudence, alors que les investisseurs attendent avec intérêt des indicateurs économiques clés en provenance de la zone euro et des États-Unis, tout en gardant un œil sur les tensions géopolitiques récentes, notamment celles liées au Venezuela et au Groenland.
À 9H50 (heure locale), l’indice phare CAC 40 affichait une légère baisse de 0,08%, tombant à 8.232,77 points, soit un recul de 4,66 points. Mardi dernier, le marché avait pourtant été dans une dynamique positive, clôturant en hausse de 0,32% à 8.237,43 points.
Les acteurs du marché scrutent la publication imminente des chiffres de l'inflation de décembre en zone euro, prévue pour 10H00 GMT. Les chiffres précédents, plus bas que prévu, avaient été accueillis avec soulagement, en particulier en Allemagne et en France, et avaient atténué les craintes d'une hausse imminente des taux par la Banque centrale européenne (BCE), comme souligné par les analystes de la Deutsche Bank.
Dans ce contexte, le rendement des emprunts d'État a légèrement fluctué, atteignant 3,52% pour la France, contre 3,55% la veille. L’Allemagne, en tant que référence en Europe, affichait un rendement de 2,81%, en baisse par rapport à 2,84% précédemment.
De l’autre côté de l’Atlantique, les investisseurs s’attendent à des nouvelles concernant le rapport mensuel sur les créations d'emplois du secteur privé aux États-Unis, ainsi que l’indice d’emploi JOLTS. Ces données pourraient influencer l'avenir de la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed), avec un marché du travail affaibli justifiant potentiellement une baisse des taux, favorable aux actions.
Un autre sujet de préoccupation majeur pour les marchés est l'augmentation des tensions géopolitiques, exacerbées par l'intervention militaire américaine au Venezuela et l'arrestation récente du président déchu. Selon Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote Bank, la réaction des investisseurs à ces événements a été jusqu’à présent modérée, voire légèrement positive pour certains secteurs.
Néanmoins, des déclarations récentes émanant de la Maison Blanche concernant le Groenland maintiennent les investisseurs dans l’incertitude. Le président Trump envisage plusieurs options, y compris d'éventuelles actions militaires pour acquérir ce territoire, provoquant ainsi des inquiétudes en Europe concernant l'avenir de cette région arctique.
Dans ce contexte de volatilité, certains secteurs, comme celui de la défense, ont vu une hausse de leurs valeurs. À Paris, Thales a gagné 2,82%, tandis que Dassault Aviation a progressé de 1,03%.
En revanche, TotalEnergies a subi une chute de 2,09%, se négociant à 53,89 euros, alignée sur la baisse des prix du pétrole, suite à une annonce du président Trump stipulant que le Venezuela pourrait "remettre" jusqu'à 50 millions de barils de pétrole aux États-Unis.
Du côté des bonnes nouvelles, l'aciériste ArcelorMittal a connu un regain d'intérêt, suite à la signature d'un contrat de fourniture d'électricité nucléaire avec EDF pour une durée de 18 ans, ce qui a propulsé son action à +3,13%, atteignant 40,84 euros.
En somme, la Bourse de Paris navigue dans des eaux turblentes, mêlant espoir et inquiétude, alors que les investisseurs analysent minutieusement les chiffres économiques à venir et les développements géopolitiques en cours.







