Face à des demandes pressantes des compagnies aériennes pour alléger les règles en cas de retards, l'Union européenne a choisi de renforcer la protection des passagers. Ce débat, autrefois houleux, trouve enfin une conclusion.
Lundi soir, des représentants du Parlement européen ont validé un accord négocié avec les États membres, initialement établi en juin. Il sera présenté au vote final en juillet avant sa mise en œuvre.
"Après 13 années de débats, je suis ravi que nous ayons approfondi les droits des passagers aériens en Europe", a déclaré Alexis Vafeades, le ministre des Transports de Chypre, qui préside actuellement l'Union.
Cet accord maintient l'indemnisation de 250 à 600 euros pour les passagers dont les vols arrivent avec un retard de plus de trois heures. Un principe qui n’a pas été du goût des compagnies aériennes, qui l’ont constamment contesté.
Ce droit, issu d'une réglementation européenne de 2004, a été renforcé par un jugement de la Cour de justice de l'UE en 2009, qui a assimilé les longs retards à des annulations. Les compagnies, souvent taxées de profitabilité au détriment des clients, soutiennent que ces règles conduisent à des annulations massives pour éviter des indemnisations.
"Les passagers seront les grands perdants", a mis en garde l'organisation Airlines for Europe.
Toutefois, le Parlement européen a su faire valoir sa position face aux demandes du secteur. Ces indemnisations coûtent près de 8 milliards d'euros chaque année aux compagnies, comme l'a souligné l'Association du transport aérien international (IATA) lors de leur assemblée à Rio de Janeiro.
Rafael Schvartzman, vice-président de l’IATA pour l'Europe, a exprimé son mécontentement en affirmant que 99% des passagers ne bénéficient jamais de ces indemnisations. Le directeur général de l'IATA, Willie Walsh, a directement critiqué le Parlement pour une réglementation considérée comme inspirée par des "postures populistes".
L'accord du 12 juin aborde d'autres sujets importants pour les voyageurs. L'Europe va interdire aux parents de payer pour s'asseoir à côté de leurs enfants mineurs et abolir les frais pour corriger une erreur sur un billet. Tous les tarifs devront désormais inclure un bagage à main.
Des mesures complémentaires visent également à mieux protéger certains passagers, tels que les mineurs non accompagnés, les femmes enceintes et les personnes à mobilité réduite, en cas de retard d'enregistrement.
Le Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC) a salué cette avancée, affirmant avoir évité le pire. Son directeur général, Agustin Reyna, a exprimé sa gratitude envers le Parlement européen pour sa ténacité dans la défense des droits des passagers, face à des pressions diplomatiques récurrentes.







