Le parquet général a requis, ce jeudi à Paris, une peine de 18 à 24 mois de prison avec sursis ainsi qu'une amende de 250.000 euros pour Isabelle Adjani, dans le cadre d'un appel concernant des accusations de fraude fiscale aggravée et de blanchiment. Le verdict est attendu pour le 1er juillet.
Lors de cette audience, l'actrice a pu défendre sa cause, bien que son avocat général, Laurent Couderc, ait souligné que sa présence n'avait pas changé l'analyse juridique des faits. Adjani, absente au premier procès en 2023, a exprimé des doutes quant à l'impartialité de la procédure, interrogé sur une possible animosité personnelle contre elle.
Se présentant comme une victime plutôt que comme une délinquante, Isabelle Adjani a décrit sa situation en ces termes : "Je ne suis pas une voleuse, mais une proie de prédateurs, victime d'escroqueries successives". Elle a également reconnu sa méfiance envers les papiers administratifs, avouant : "Je n'ai jamais rempli une fiche d'impôt".
La star de 70 ans, déjà condamnée en première instance, est accusée d'avoir prétendument utilisé une adresse fictive au Portugal pour échapper à des obligations fiscales, mais a accepté de remettre en question la compétence de ses conseillers fiscaux. "Mes affaires étaient gérées par d'autres", a-t-elle souligné, déplorant le rôle de certains individus hauts placés qui l'auraient exploitée.
Parmi ces personnes, elle a mentionné un ancien compagnon, le médecin Stéphane Delajoux, accusé d'avoir mal géré des aspects de sa vie financière, y compris une donation de 2 millions d'euros, contestée avec véhémence par l’actrice. Son avocat, Me David Lepidi, a plaidé pour une relaxe en dénonçant un manque d'empathie dans le traitement de son dossier par le ministère public.
Le débat autour de cette affaire est intensif, attirant l'attention de l'opinion publique, faisant écho à des préoccupations plus larges concernant la transparence et la justice économique en France. L'intervention de l'avocat de la Direction générale des finances publiques (DGFiP) a également soulevé des questions sur les pratiques fiscales et la résidence des contribuables.
Les enjeux sont désormais triples : la réputation d’Adjani, la perception publique de la justice fiscale et l'avenir des pratiques de déclaration en France. Le verdict du 1er juillet sera déterminant, non seulement pour l'actrice, mais pour tout un système.







