L’icône du cinéma français, Isabelle Adjani, âgée de 70 ans, se retrouve à nouveau sous les projecteurs judiciaires. Reconnu coupable en première instance pour avoir prétendument domicilié fictivement ses affaires au Portugal entre 2016 et 2017, l’actrice est accusée d'avoir également dissimulé une donation en prêt en 2013, ainsi que d’avoir transféré des fonds via les États-Unis en 2014. Le parquet général a requis, ce jeudi à Paris, une peine de 18 à 24 mois de prison avec sursis, 250 000 euros d’amende, et une inéligibilité de deux ans pour des faits de fraude fiscale aggravée et de blanchiment.
Lors de cette audience en appel, Isabelle Adjani a pu se défendre après avoir été absente lors du premier procès. « Sans changer la portée juridique des faits, j’affirme que je ne suis pas responsable de cette situation », a déclaré l’avocat général Laurent Couderc, en appelant à maintenir la décision initiale.
À la barre, Adjani a vigoureusement réfuté les accusations, se qualifiant de « proie » aux mains de « prédateurs » et affirmant avoir subi des escroqueries. Avec émotion, elle a avoué : « Je n’ai jamais rempli une fiche d’impôt. C’est une phobie pour moi, j’en ai conscience. »
Domiciliation fictive : défenses et accusations
Il est pertinent de rappeler que l’artiste avait été condamnée pour sa prétendue domiciliation à Carcavelos, au Portugal, une situation que l’avocat général a jugée comme étant « fictive ». Adjani a tenté de se défendre en pointant du doigt des conseillers fiscaux incompétents, affirmant avoir remis la gestion de ses affaires à des tiers fiables.
Les débats ont également touché à ses relations personnelles, mentionnant son ancien partenaire, le médecin Stéphane Delajoux, qu’elle accuse d’abus. Elle a aussi évoqué un prêt de deux millions d’euros d’un ami, Mamadou Diagna Ndiaye, niant toute intention de dissimulation. « Je savais qu’il n’avait pas besoin d’être remboursé rapidement », a-t-elle déclaré, justifiant le délai accordé par son ami.
« Il est évident qu’elle résidait en France tout en prétendant vivre au Portugal », a pour sa part affirmé Me Ralph Boussier, représentant la Direction générale des finances publiques (DGFiP), ajoutant que la vie fiscale d’Adjani ressemblait à un « habillage permanent ». Ces allégations témoignent de la complexité de la situation fiscale de l’actrice, sujet de vives discussions dans le débat public.
Dans une ultime tentative de plaider la relaxe, l'avocat de l'actrice, Me David Lepidi, a souligné un « manque d'empathie » de la part du ministère public, une qualité qui, selon lui, aurait dû être manifeste dans ce cas aux implications profondément personnelles pour l'actrice.







