Le parquet général a requis, lors d'une audience à Paris, une peine de 18 à 24 mois de prison avec sursis probatoire et une amende de 250.000 euros contre Isabelle Adjani, dans le cadre d'une affaire de fraude fiscale aggravée et de blanchiment. Cette décision, associée à une inéligibilité de deux ans, pourrait avoir des répercussions significatives pour l'actrice, iconique de la scène cinématographique française.
Absente lors de son premier procès, Adjani a pu enfin s'exprimer devant la cour, mais l'avocat général Laurent Couderc a affirmé que cela n'a pas modifié l'analyse juridique des faits. Ce dernier a demandé la confirmation du jugement de première instance, une position qui pourrait aggraver la situation de la star, déjà sérieusement entachée par ces accusations.
En réponse aux accusations qui la désignent comme une « voleuse », Adjani s'est défendue en se qualifiant de « proie » de « prédateurs » et victime d'escroqueries à répétition. Cela reflète un sentiment croissant d'injustice qu'éprouve la star, qui a partagé ses angoisses liées aux questions fiscales.
« Je n'ai jamais rempli une fiche d'impôt, » a-t-elle avoué, ajoutant qu’utiliser des aides pour la gestion de ses affaires était un choix motivé par sa « phobie des papiers ». Cette dernière déclaration a suscité des interrogations sur ses responsabilités personnelles vis-à-vis de sa gestion financière.
Condamnée lors du procès initial pour avoir fictivement domicilié au Portugal entre 2016 et 2017, Adjani a également dissimulé une donation sous forme de prêt en 2013. Son explication sur son domicile à Carcavelos, qu'elle décrit comme étant « toutes ses affaires », a été contestée par l'avocat général qui la considère comme une domiciliation « fictive ».
Au fil des débats, Adjani a aussi pointé du doigt certains de ses conseillers, notamment le gérant de sa société Isia Films et son ancien compagnon, le docteur Stéphane Delajoux, l'accusant d’avoir « euthanasié sa mère » et de l'avoir manipulée. Elle affirmait avoir été trompée tout au long de cette affaire, cherchant à faire porter la responsabilité à ses entourages.
Les avocats et experts pointent souvent que dans ce type de situations, la célébrité peut compliquer les choses. Pour le juriste Frédéric Tiberghien, « la notoriété d’une personnalité peut colorer l’opinion publique et influencer le jugement des magistrats ». Les critiques émergent alors, sur les privilèges supposés des célébrités et la façon dont cela impacte des affaires telles que celles de Madame Adjani.
Alors que les débats se poursuivent, la cour devra trancher dans une affaire où la frontière entre culpabilité et victimisation semble floue. Reste à savoir si le système judiciaire saura prendre en compte les multiples angles du dossier tout en respectant l'intégrité de la justice.







