Dans la nuit de jeudi à vendredi, les astronautes de la mission Artemis II se prépareront à quitter l'orbite terrestre pour entamer leur voyage vers la Lune, avec un retour programmé quelques jours plus tard sur notre planète. Ce qui attend le public est une manœuvre inédite depuis plusieurs décennies : l'injection trans-lunaire.
Artemis II entre dans une phase critique ce week-end, avec une manœuvre qui permettra aux quatre membres d'équipage de la capsule Orion d'atteindre la Lune. À 1h44 (heure de Paris), le vaisseau effectuera une poussée de moteur décisive de six minutes, surnommée le « Big burn », pour augmenter sa vitesse de façon à quitter l'orbite terrestre et entamer son parcours vers le satellite lunaire.
Demi-tour impossible
Bien que la manœuvre ne soit pas particulièrement complexe sur le plan technique, elle requiert une exécution d'une précision millimétrique : l'injection doit se faire au « périgée », le point le plus proche de la Terre dans l'orbite du vaisseau, là où la vitesse est maximale. Ce moment crucial marque le premier point de non-retour de la mission.
Les astronautes américains Victor Glover, Christina Koch, Reid Wiseman et le Canadien Jeremy Hansen, s’engageront vers la Lune sans détour. La capsule Orion n’a pas pour but de se mettre en orbite lunaire ; au contraire, elle passera jusqu’à 40 000 kilomètres au-delà de notre satellite, utilisant la gravité lunaire pour modifier sa course et la ramener vers la Terre.
Bien que quelques ajustements mineurs soient prévus, il n'y a aucune possibilité de faire une réelle manœuvre de retour. Par conséquent, une fois l’injection trans-lunaire faite, il faudra se rendre jusqu’à la Lune avant de revenir sur notre planète.
Une ou deux chances, mais pas trois
Si, pour une raison quelconque, le vaisseau ne parvient pas à se préparer correctement lors de la manœuvre, les astronautes pourront tenter de réaliser une nouvelle orbite autour de la Terre, mais le créneau temporel pour atteindre la Lune est très limité. La dynamique entre la Terre et la Lune impose des contraintes strictes, et l'injection ne positionnera pas directement le vaisseau sur la trajectoire correcte, mais plutôt sur une voie qui croisera celle de la Lune au moment opportun. En d'autres termes, Artemis II devra « intercepter » la Lune sur son chemin.







