Giulia Foïs demande justice : 300 000 euros en jeu face à Radio France

La journaliste conteste son licenciement devant les prud’hommes de Paris.
Giulia Foïs demande justice : 300 000 euros en jeu face à Radio France
La journaliste Giulia Foïs a réclamé un total d’environ 300 000 euros d’indemnités au groupe public Radio France ce mercredi devant les prud’hommes, pour « licenciement sans cause réelle et sérieuse. © Créd
La journaliste conteste la rupture de son contrat devant le conseil de prud’hommes de Paris après l’arrêt de son émission sur France Inter. La décision sera rendue le 1er juillet.

Après la suspension de son émission sur France Inter, Giulia Foïs a saisi le conseil des prud’hommes pour obtenir des indemnisations s'élevant à environ 300 000 euros, qu'elle estime dues à un « licenciement sans cause réelle et sérieuse ». Ce litige, qui se déroulera à Paris, soulève des questions sur la nature des contrats de travail dans l'audiovisuel.

Au cœur du différend, se trouvent les CDDU (contrats à durée déterminée d'usage) que la journaliste a cumulés avec Radio France depuis 2000. Son avocate, Me Françoise Davideau, a plaidé en faveur de la requalification de ces contrats en CDI (contrat à durée indéterminée), arguant que Giulia Foïs occupait un « emploi durable » au sein de la structure, ayant travaillé sans interruption depuis 2011. Selon elle, la rupture de son contrat représente un licenciement injustifié.

« La grille de programmes change, il est inévitable de s'adapter »

Cette position est contestée par Me Christine Lecomte, avocate de Radio France, qui insiste sur la légalité des CDDU dans le secteur et sur l’existence de plusieurs propositions d’emplois alternatives faites à Foïs, comme un débat hebdomadaire de société. Elle souligne également que « la grille de programmes ne peut rester statique pendant des décennies », affirmant que le changement est inhérent à l'industrie.

Divergences sur les indemnités et la fin de collaboration

Les demandes d'indemnisation de Giulia Foïs incluent des rappels de salaires, des primes, et une compensation pour préjudice moral. De son côté, Radio France conteste ces demandes et réclame le rejet total de la requête. Le panel de juges se prononcera sur cette affaire importante et révélatrice de tensions entre employeurs et employés dans le monde médiatique français.

Fin avril 2025, la direction de France Inter a informé Foïs de l'arrêt de son émission « En marge », diffusée le samedi soir, sans offre de reconversion. Me Davideau dénonce cette méthode comme « inhumaine », tandis que son opposante évoque, quant à elle, une mauvaise interprétation des propositions faites.

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