Une journaliste de France Télévisions, Linh-Lan Dao, a témoigné devant le tribunal correctionnel de Paris, accusant Booba d'avoir exposé sa vie à une meute numérique de plus de 6 millions de followers sur X. En 2024, des tweets provocateurs du rappeur auraient, selon elle, déclenché une onde de haine à caractère raciste et sexiste à son encontre.
La procureure Quitterie Cesari a requis une peine de huit mois de prison avec sursis, 30 000 euros d'amende ainsi qu'un stage de sensibilisation à la lutte contre la haine en ligne. Ce procès fait suite aux accusations portées contre Booba, qui vit actuellement aux États-Unis et a déclaré des raisons de santé pour son absence à l'audience, initialement prévue en décembre.
Linh-Lan Dao a décrit le flot de cyberharcèlement qu'elle a subi après avoir publié un article critique sur les allégations complotistes de Booba concernant la santé publique. "Je me suis sentie jetée en pâture à ses abonnés, tout ça parce que j'ai exercé mon métier de journaliste", a-t-elle déclaré devant le tribunal.
Lors des échanges, l'avocate de Dao a souligné la "malveillance" de Booba et l'importance pour la justice de protéger les journalistes contre de tels abus. Des témoins, y compris l'essayiste Tristan Mendès France, qui a également été ciblé par Booba, ont exprimé leur soutien envers Dao, mettant en lumière la portée destructrice de la désinformation sur les réseaux sociaux.
Alors que Booba plaidait ne pas être responsable des actions de ses abonnés, Linh-Lan Dao a rétorqué : "Quand on a autant d'abonnés, il y a une responsabilité à assumer." La décision du tribunal est attendue le 2 juin.







