Thibaut Chevillard
L'essentiel
- En septembre 2025, Nicolas Sarkozy a été reconnu coupable d'association de malfaiteurs et condamné à cinq ans de prison.
- Le procès en appel a débuté le 16 mars 2026, avec la présence de plusieurs accusés.
- Des proches des victimes de l'attentat de 1989 ont déposé plainte contre les responsables au procès.
Au sein de la cour d'appel de Paris,
Ce procès autour du financement libyen de Nicolas Sarkozy est teinté d'une profonde tristesse. L'attentat du 19 septembre 1989, qui a coûté la vie à 170 innocents, dont 54 Français, reste un traumatisme pour de nombreuses familles. Un DC-10 d’UTA a été abattu, révélant un complot orchestré par les services secrets libyens, dirigés par Abdallah Senoussi, un proche de Mouammar Kadhafi.
Senoussi, condamné à perpétuité en 1999, est resté impuni, malgré des rencontres ultérieures avec des ministres français, ce qui souligne l'indignation des proches des victimes face à ce flou judiciaire.
Les cicatrices du passé
Les retrouvailles avec ce drame continuent de marquer les proches des victimes. Françoise Tenenbaum, dont le frère a péri dans cet attentat, se lève avec émotion pour rappeler l'espoir que son frère a toujours incarné. Elle décrit l'engagement des familles à maintenir vivante la mémoire des victimes et à lutter contre l'oubli.
Une douleur insupportable
« Nous portons cette douleur perpétuelle », déclare Françoise. « Chaque année, nous prenons position pour que la mémoire de ceux que nous avons perdus ne tombe pas dans l’oubli. » Ses mots sont échos à ceux de sa sœur, Danièle Klein, qui évoque avec chagrin le comportement de Nicolas Sarkozy après sa condamnation, qualifiant sa réaction de « désastreuse ».
« Un coupable reste libre alors que nous sommes ici, blessés », fulmine-t-elle, en se remémorant la visite de Kadhafi à l’Élysée, orchestrée par Sarkozy. Cette humiliation continue de ronger les familles des victimes.
Des voix qui se lèvent
Yohanna Brette, qui a perdu sa mère dans l'attentat, évoque aussi son indignation. Elle refuse de laisser ses souvenirs être piétinés par ceux qui négligent leur responsabilité, exploitant des profits illégaux. « Comment est-ce possible ? » s'insurge-t-elle, appelant à un changement de paradigme face à cette situation inadmissible.







